SCENE IV SARA
saea. (Elle s'assied pour écrire.)SiVon m'avait dit, il y a un an, que j'aurais à répondre à une telle lettre !.. . Et dans de telles circonstances!... Oui, j'ai la plume à la main... Mais sais-je encore ce que je dois écrire?... Ce que je pense, ce que je ressens?... Qu'est-ce qu'on ressent donc, quand une vive sensation jette le cœur dans l'assoupissement?... Il faut cependant écrire... Ce n'est pas la première fois que je me sers d'une plume... Quand la plume m'a servi à rendre tant de petits services d'amitié et de politesse, me refuserait-elle donc son aide pour le plus important des services?... (Elle réfléchit un peu, puis écrit quelques lignes.) Est-ce là mon entrée en matière? Ce serait une entrée en matière bien froide. Dois-je commencer par son amour? Non, commençons par mon crime. (Elle efface et écrit autre chose.) Mais pourquoi ne pas m'exprimer comme j'avais fait d'abord?... La honte est partout à sa vraie place, excepté flans l'aveu de nos fautes. Je n'ai pas à craindre de tomber dans l'exagération, quand même, j'emploierais les termes les plus horribles... Ali! pourquoi vienton me déranger ?