‹ Théâtre complet de G. E. Lessing (volume 2)Chapitre 91 sur 138 · SCENE VII · texte numérisé non relu

SCENE VII

WAITWELL, LES PEÉCÉDEXTS

sara. Tu désires ma réponse, bon Waitwell. Elle est prête, à l'exception de quelques lignes... Mais pourquoi es-tu si effaré? On t'aura dit sans doute que je suis malade ?

waitwell. Plus encore!

saea. Dangereusement malade?... Je le conclus d'après la violente anxiété de Mellefont, plus que d'après ce que j'éprouve... Il faudra que tu repartes, Waitwell, avec la lettre non terminée de la malheureuse Sara à son malheureux père!... Mais espérons mieux; veux-tu attendre à demain? Peut-être trouverai-je encore quelques instants pour la terminer. A présent, je ne suis pas en état de le faire. Cette main pend comme morte à mon flanc engourdi... S'il n'en coûte pas plus au corps tout entier pour être privé de la vie qu'à ce membre... Tu es un vieillard, Waitwell, et tu ne peux plus être bien éloigné de ton dernier pas... Crois-moi, si ce que je ressens, ce sont les approches de la mort... crois-moi, les approches de la mort ne sont pas si douloureuses... Ah!... Ne t'arrête point à ce ah! Il est impossible de s'en aller sans ces sensations pénibles. La créature n'est point insensible, la mort ne peut arriver sans souffrance... Mais, Betty, pourquoi es-tu toujours si inconsolable?

betty. Permettez -moi, miss, permettez-moi de m'éloigner de devant vos yeux.

sara. Va donc; je sais bien que cela ne convient pas à chacun d'assister une mourante. Waitwell restera près de moi, et toi, Norton, fais-moi le plaisir d'aller chercher ton maître. Je soupire après sa présence.

betty {s'en allant). Ah ! Norton, c'est des mains de la Marwood que j'ai pris le cordial.

Page 1