SCENE VIII WAITWELL, SARA
saea. Waitwell, si tu veux me prouver ton affection en restant près de moi, ne me fais pas une figure si lamentable. Tu te tais? Parle donc! Et si j'ose t'en prier, parle-moi de mon père. Répète-moi toutes les paroles consolantes que tu me disais, il y a peu d'heures. Répète-moi que mon père est apaisé et qu'il a pardonné... Répète-moi cela, et dis-moi aussi que notre Père céleste ne sera pas rigoureux pour moi... N'est-ce pas que je puis mourir? Si j'étais morte dans ma situation, avant ton arrivée, quelles conséquences cela aurait eu pour moi! J'aurais été désespérée, Waitwell. Sortir' de ce monde, accablée de la haine de celui qui doit forcer la nature pour nous haïr... Quelle pensée! Dis-lui que je suis morte dans les sentiments les plus vifs de repentir, de reconnaissance et d'amour. Dis-lui... Ah! que ne puis-je lui dire moi-même combien mon cœur est plein de ses bienfaits ! La vie que je tiens de lui en était le moindre. Que je souhaiterais de pouvoir en abandonner à ses pieds le languissant reste !
waitwell. Souhaitez-vous réellement de le voir, miss?
saea. Est-ce que tu douterais de mon plus ardent, de mon suprême désir?
waitwell. Trouverai- je les aroles que je cherche T. I, 21
depuis si longtemps? Une soudaine joie est aussi dangereuse qu'une soudaine frayeur. Je ne crains que l'impression trop violente, que pourrait faire, sur une âme aussi sensible, sa vue inopinée.
sara. Que veux-tu dire? La vue inopinée de qui ?. . .
waitwell. Celle que vous souhaitez, miss!... Calmez-vous.