SCÈNE II
(Un esprit sort de terre : il porte une longue barbe et est enveloppé dans un manteau.)
l'espeit. Qui est-ce qui me trouble? Où vais-je? N'est-ce point là une lumière?
LE DOCTEUR FAUST -i.'iT
faust. (77 s'effraie, mais se remet et s'adresse à Vesprit. ) Qui es -tu? D'où viens-tu? Sur l'ordre de qui apparais-tu ?
l'espeit. Je sommeillais et je rêvais, n'éprouvant ni joie ni peine. Alors dans mon rêve un bruit, une voix vinrent à moi d'ici ; elle approcha de plus en plus : Bahall! Bahall ! entendis-je, et au troisième Bahall, me voici :
faust. Mais qui es-tu ?
l'esprit. Qui je suis! Laisse-moi réfléchir! Je suis — je ne suis que depuis peu ce que je suis maintenant..., etc.
faust. Mais qui étais -tu?
l'espeit. Qui j'étais?
faust. Oui, qui étais-tu autrefois, auparavant?
l'espeit. Autrefois, auparavant?
faust. Ne te souviens-tu d'aucunes idées antérieures à ta situation présente d'engourdissement léthargique.
l'espeit. Que me dis-tu? Oui, cela me revient. J'ai eu des idées de ce genre, attends, attends que j'en retrouve le fil.
faust. Je veux essayer de te venir en aide. Comment t'appelais- tu ?
l'espeit. Je m'appelais... Aristote. Oui, je m'appelais ainsi. Qu'est-ce que j'éprouve?
(Il fait comme s'il se souvenait tout à coup et répond aux questions les plus épineuses de Faust. Cet esprit est le démon même, qui a entrepris de damner Faust. Cependant, il finit par dire qu'il est fatigué de mettre ainsi son esprit à la torture.)
— De tout ce que tu me demandes je ne puis parler plus longtemps que comme homme, mais non comme esprit. Donne-moi congé, je sens que je m'assoupis de nouveau..., etc.