‹ Théâtre complet de G. E. LessingChapitre 19 sur 114 · SCÈNE Vil · texte numérisé non relu

SCÈNE Vil

Les précédents, REHFOUSS

keheouss. Vous excuserez, nia chère mademoiselle Ohldinn...

lisette. Non, non, mon bon ami, vous vous trompez. Voilà mademoiselle Ohldinn.

keheouss. Vous excuserez, ma chère mademoiselle, si je...

péter. Mon ami, si vous avez quelque chose à dire : faites vite. Faut-il qu'un tel imbécile vienne troubler nos importantes délibérations !

rehfouss; Ma chère mademoiselle, je me suis laissé dire par M. le capitaine de Schlag...

péter. Par qui? Par moi?

rehfouss. Non, non. Pardon, par M. de Schlag; qu'il allait, sous peu de jours, épouser mademoiselle Ohldinn.

lisette. Le maudit contre-temps !

péter. Que vous ai -je dit?

reheouss. Or, comme M. le capitaine de Schlag me doit en ce moment, sur lettre de change, quelques centaines d'écus...

péter. Qu'est-ce que je vous dois ? Êtes-vous fou ?

reheouss. Je parle du capitaine de Schlag. La lettre de change est aujourd'hui à terme, et je suis en mesure de le faire arrêter.

péter. Moi, de me faire arrêter?

lisette. Silence, Péter, autrement nous nous trahirions.

rehfouss. Mais comme il m'a dit que mademoiselle sa fiancée consentait à payer pour lui; alors j'ai voulu m'informer si mademoiselle Ohldinn...

ohldtnn. Monsieur le capitaine, je ne sais pas comment vous avez pu faire fonds d'avance à ce point sur ma parole. Si vous devez...

reheouss. Non pas, mademoiselle, c'est M. le capitaine de Schlag qui m'a dit...

ohldinn. Eh bien, le voilà...

péter. Oui, oui, c'est moi, mon ami. Ne soyez pas inquiet du paiement. Je m'acquitterai envers vous en honnête garçon.

reheouss. Monsieur, vous êtes trop bon. Je ne me souviens pas que vous me deviez quelque chose.

péter. Si, si. Je vous dois quelques centaines d'écus. N'est-ce pas cinq cents ?

reheouss. Non, non. C'est neuf cents écus que me doit M. le capitaine de Schlag. Mais vous...

péter. Oh! cela s'appelle aussi trop vous prendre pour un autre. Allons, allons, je vous dois neuf cents écus. Et, n'est-ce pas, ma chère femme, que tu les paieras ?

reheouss. Je ne sais pas, monsieur, si vous me prenez pour un imbécile.

lélio. Et moi, je ne sais pas si ce n'est pas vous qui nous prenez tous pour des imbéciles. Vous dites que le capitaine de Schlag vous doit tant et tant, et, quand M. le capitaine en convient, vous voulez le désavouer. Comment appeler cela ?

péter. Oui, oui, je lui dois neuf cents écus.

reheouss. Non, monsieur, je n'ai pas un fenin à recevoir de vous .

péter. D est juste que vous les receviez.

reheouss. Vous ne me devez rien.

péter. Patientez seulement huit jours au plus.

reheouss. Êtes-vous donc M. le capitaine?

péter. Par le diable, que vous importe, si je veux vous payer, que je le sois ou non? Bref, je le suis. Aussi vrai que je vous ai emprunté neuf cents écus, je vous les rendrai avec les intérêts.

reheouss. Mais, monsieur, pourquoi reconnaître une dette qui n'est pas la vôtre ?

péter. Ah! c'est que je suis un honnête homme. Ce que je dois, je le paie.

lisette. Vous vous serez sans doute trompé de nom,

mon bonhomme. Je crois qu'il y a encore ici un capitaine de ce nom...

péter. Oui, oui^ c'est juste. Il y en a encore un qui s'appelle ainsi. C'est le mari de la fille du frère aîné de mon père, et nous sommes cousins germains.

ohldinn. Mon ami, vous ferez bien de présenter votre réclamation une autre fois. Si celui que j'épouserai vous doit en réalité quelque chose, il avisera au paiement. Mais je puis bien dire que je ne sais plus que penser de tout ceci.

péter. Pensez-en ce que vous voudrez. Et vous, Pami, filez, ou...

rehfouss. Je vous prie de m'excuser...

lisette. Oui, oui, nous vous excusons, mais filez... Mais, allez donc. {Il sort.)

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