‹ Théâtre complet de G. E. LessingChapitre 20 sur 114 · SCENE VIII · texte numérisé non relu

SCENE VIII

LÉLIO, LISETTE, CREUSEL, mademoiselle OHLDINN

péter. Le maudit coquin! Eh bien, où en étionsnous restés, mon trésor? Ah! oui, à la fortune. Mais, d'abord, il est encore un autre point que vous devez nécessairement m'accorder. J'en ai rédigé, par écrit, un petit croquis {Il tire un billet de sa poche.) « Premièrement, la fiancée promet, comme elle est de naissance bourgeoise, et que le fiancé, M. le capitaine de Schlag, est de haute naissance, étant issu d'une famille de très ancienne noblesse, de rendre à son futur mari, en tout temps, les respects dus, et de ne l'appefer jamais autrement que : Votre Grâce. » Eh bien, le promettez-vous?

ohldink. Mais...

péter. N'employez plus avec moi ce maudit mot. Qui a le commandement? Le mari ou la femme? Moi, ou vous?

ohldlnn. Pardon, nous ne sommes pas encore mari et femme.

péter. Ah! ce que nous ne sommes pas, nous pouvons le devenir. « Ensuite la fiancée promet, comme elle est de naissance bourgeoise m et que le fiancé, M. le capitaine de Schlag, est de haute naissance, étant issu d'une famille de très ancienne noblesse, de lui laisser tout l'argent entre les mains, pour qu'il en dispose et qu'il le gouverne à sa guise. » Eh bien, le promettez-vous ?

Lisette.. Ce- sera sans doute là un des points capitaux.

ohldinn On pourrait bien accorder cela à un homme raisonnable, mais...

pétee. Assez. Je ne veux pas savoir le reste. Le mot : homme raisonnable, me suffit. « Troisièmement, la fiancée promet, comme elle est de naissance bourgeoise, et que le fiancé, M. le capitaine de Schlag, est de haute naissance, étant issu d'une famille de très ancienne noblesse, pour les deux enfants qu'il a eus hors mariage... » Bien, nous parlerons de ceci en têteà-tête. Personne n'a besoin de le savoir que vous. « Quatrièmement, la fiancée promet, comme elle est de naissance bourgeoise... »

ceeusel. Pardon, si je vous interromps. Ne voudriez-vous pas être assez bon pour vous faire montrer par votre très honorable future épouse, le poème que j'ai composé pour votre prochaine noce, que Dieu vous fasse célébrer bientôt. Je n'ai pas trop de loisir de demeurer plus longtemps, .. et.. .

pétee. Où est-il? Où. est-il?

ohldixx. {Elle le lui donne.) Le voici.

pétee. Qu'est ce que c'est que ce chiffon? Je vois, rien qu'à F en-tête, que cela n'est bon à rien. Ne savezvous donc pas que j'ai été seigneur héréditaire et haut justicier de Nichtswitz, Betteldorf, Schildhausen et Armingen, — il faut mettre tout cela là-dessus, — et que j'ai servi seize ans en France, douze ans en Autriche, dix- neuf ans en Hollande, dix-sept ans en Angleterre, et environ vingt-deux ans en Saxe... Ah! Par le diable ! cette fois je suis perdu...

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