SCÈNE PREMIÈRE
Michel STICH, Martin CROUMM
martin croumm. Imbécile de Michel Stieh !
michel stich. Imbécile de Martin Croumm !
martin croumm. Nous pouvons même avouer que nous avons été des archiimbéciles. Cela ne serait pas arrivé, si nous l'avions tué.
michel stich. Mais comment aurions-nous pu agir plus prudemment? N'étions-nous pas bien déguisés? Le cocher n'était-il pas de notre côté? Pouvions-nous empêcher que la chance nous jouât un tel tour? Aussi ai-je dit plus de cent fois : La maudite chance ! sans elle, on ne peut pas même être un bon voleur.
martin croumm. Certes, à voir clairement la chose, nous avons failli tâter sous peu de la corde.
michel stich. Ah ! laisse donc la corde; si l'on pendait tous les voleurs, il faudrait que les potences fussent plus nombreuses. On en voit à peine une, chaque deux lieues, et là où il y en a une, le plus souvent il n'y pend rien. Je crois que c'est par galanterie que messieurs les juges laissent aller les choses en décadence. A quoi servent-elles aussi ? A rien, qu'à faire tout au plus cligner de l'œil à ceux des nôtres qui passent dessous.
martin ceoumm. Moi, je ne le fais jamais. Mon père et mon grand-père y sont morts, que puis-je souhaiter de mieux? Je ne rougis pas de mes aïeux.
michel stich. Mais eux, les honnêtes gens, rougiraient de toi. Tu es loin encore d'avoir assez fait pour qu'on pût te tenir pour leur fils véritable et authentique.
maetl\t ceoumm. Oh ! crois-tu donc que je passe ainsi la chose à notre maître ? et quant à ce maudit étranger qui nous a arraché un si bon morceau de la bouche, je me vengerai de lui aussi à coup sûr. Il faut que sa montre y passe... Ha! tiens, le voici. File, je vais lui jouer un maître-coup.
michel stich. Mais, part à deux ! part à deux !