SCÈNE XIII ANSELME, PHILTO
Anselme. Ce sont malheurs sur malheurs ! Arrive, arrive, traître !
philto. Voyons un peu qui est-ce qui a l'audace de se donner pour Anselme. — Mais que vois-je? C'est effectivement lui... Laisse-moi t'embrasser, mon très cher ami... Te voilà donc enfin de retour? Dieu en soit mille fois loué... Mais pourquoi si chagrin? Ne connais-tu plus ton yieux Philto ?
132 LE TKEiUH
axselme. Je sais tout, Pliiltu, je sais tout. Est-ce là un trait auquel on pût s'attendre de la part d'un ami ?
philto. Pas un mot de plus, Anselme. Je comprends qu'un calomniateur officieux m'a prévenu... Ce n'est pas ici un lieu convenable pour nous expliquer plus amplement. Viens dans ta maison.
Anselme. Dans ma maison?
philto. Oui, elle est encore à toi, et ne sera jamais à un autre, contre ta volonté. Viens, j'ai par bonheur la clef sur moi . Ce coffre est à toi sans doute : tranquillise-toi, nous allons l'y traîner nous-mêmes ; personne ne nous voit.
Anselme. Mais mon trésor?
philto. Ton trésor aussi, tu le retrouveras tel que tu l'as laissé. (Ils entrent dans la maison, après y avoir traîné le coffre après eux.)