SCÈNE VIII Dame PHILANE, avec LISETTE, les peécédents
dame philane. Enfant s, qu'est-ce que j'apprends? Est-ce possible?
lisidoe. Oui, maman; je crois que vous ne vous y opposerez pas. Vous voudrez bien maintenant que...
dame philane. Moi m'y opposer? Ce changement met le comble à mes vœux. Ah ! Adraste; ah ! Henriette, j'ai souvent tremblé pour vous. Vous auriez fait un couple malheureux ! Vous avez tous les deux besoin d'un guide qui connaisse mieux que vous le chemin. Théophane, vous avez depuis longtemps ma bénédiction; mais voulez-vous avoir plus que ma bénédiction , voulez-vous avoir la bénédicton du Ciel, faites alors d'Henriette une personne digne de vous. Et vous, Adraste, je vous ai longtemps pris pour un homme mauvais : mais franchement , qui peut aimer une personne pieuse , est déjà plus d'à demi pieux. Je me fie à toi, Juliane , à son endroit... Je lui conseille surtout de ne plus traiter de braves gens, d'honnêtes ministres, avec autant de mépris qu'il a traité Théophane...
adeaste. Ah! madame, ne me rappelez pas mes torts. Ciel! si je me trompe en général, autant que je me suis trompé sur votre compte, Théophane, quel homme, quel homme abominable je fais !
lisidoe. Ne l'avais-je pas dit que vous deviendriez les meilleurs amis du monde , aussitôt que vous seriez beaux-frères? Ce n'est que le commencement.
théophane. Je le répète, Adraste, vous êtes meilleur que vous ne croyez : meilleur que vous n'avez voulu depuis quelque temps le paraître.
dame philane. Eh bien ! Voilà pour moi une nouvelle consolation. (A Lisidor.) Viens, mon fils, conduismoi. Il est fatigant pour moi de rester deboutj et la joie
m'avait fait oublier complètement que j'ai laissé Araspe tout seul.
LisiDOB. Oui, vraiment. Voilà quelque chose à lui raconter! Venez, maman... Mais plus d'échanges! Plus d'échanges !
lisette. J'en connais une qui est bien fâchée de n'avoir pas d'échange à faire !