‹ Théâtre complet de G. E. LessingChapitre 99 sur 114 · SCENE PREMIÈRE PHILOTAS · texte numérisé non relu

SCENE PREMIÈRE PHILOTAS

philotas. Ainsi me voilà vraiment prisonnier?... Prisonnier !... Un joli commencement à mon apprentissage de la guerre !... 0 Dieu ! 0 mon père ! Avec quelle joie je me convaincrais que tout cela n'est qu'un rêve ! Dès ma plus tendre enfance, je n'ai jamais rêvé qu'armes et champs de batailles, que combats et mêlées. Dans mon adolescence, ne pourrais-je pas avoir rêvé cette perte et cette défaite?... Flatte-toi, Philotas! comme si tu n'avais, ni vu, ni senti le coup qui t'a frappé, et qui a fait tomber le glaive de ta main engourdie!... On m'a pansé, malgré moi, ma blessure ! 0 cruelle pitié d'un ennemi rusé! La blessure n'est pas mortelle, disait le médecin qui croyait me consoler... Misérable, elle devrait l'être, mortelle!... Et rien qu'une blessure, rien qu'une blessure, rien qu'une!... Je saurais bien la rendre mortelle, en déchirant l'appareil, en en laissant poser un second et en l'arrachant de nouveau... Je déraisonne, pauvre malheureux que je suis !... Et quel air railleur — je m'en souviens — avait ce vieux guerrier

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qui m'arracha de mon cheval ! Il m'a appelé : enfant!. . . Son roi aussi doit me considérer comme un enfant, comme un tendre enfant. Dans quel but m'a-t-il fait enlever, parer et entourer de toutes sortes de commodités? Je dois être chez quelqu'une de ses concubines : triste séjour pour un soidat! Et au lieu d'être gardé comme un captif, je suis servi en prince! .. Railleuses déférences ! . . .

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