‹ Théâtre complet de J.-B. Poquelin de MolièreChapitre 104 sur 189 · VALERE, SGANARELLE, GERONTE, LUCAS, JACQUELINE · texte numérisé non relu

VALERE, SGANARELLE, GERONTE, LUCAS, JACQUELINE

Valere.

Monsieur, préparez-vous, voicy nostre médecin qui entre.

Geronte.

Monsieur, je suis ravy de vous voir chez moi , et nous avons grand besoin de vous.

Sganarelle , en robe de médecin , avec un chapeau des plus pointus.

Hipocrate dit... que nous nous couvrions tous deux.

Geronte.

Hipocrate dit cela?

Sganarelle.

Oûy.

Geronte.

Dans quel chapitre, s'il vous plaist?

Sganarelle.

Dans son chapitre... des chapeaux.

Geronte.

Puis qu'Hipocrate le dit, il le faut faire.

!9o LE MEDECIN MALGRE-LUY.

Sganarelle.

Monsieur le médecin, ayant appris les merveilleuses choses...

Geronte.

A qui parlez-vous, de grâce ?

Sganarelle.

A vous.

Geronte.

Je ne suis pas médecin.

Sganarelle.

Vous n'estes pas médecin?

Geronte.

Non vrayment.

Sganarelle. (// prend, icy, un baston, et le bat

comme on l'a batu.) Tout de bon?

Tout de bon. Ah ! ah! ah!

Vous estes médecin maintenant, je n'ay jamais eu d'autres licences.

Geronte.

Quel diable d'homme m'avez-vous là amené?

Valere.

Je vous ay bien dit que c'estoit un médecin goguenard.

Geronte.

Oûy. Mais je l'envoyrois promener avec ses goguenarderies.

Lucas.

Ne prenez pas garde à ça, Monsieu, ce n'est que pour rire.

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