ACTE II, SCENE II. igi
Geronte.
Cette raillerie ne me plaist pas.
Sganarelle.
Monsieur, je vous demande pardon de la liberté que j'ay prise.
Geronte.
Monsieur, je suis vostre serviteur
Sganarelle.
Je suis fasché...
Geronte.
Cela n'est rien.
Sganarelle.
Des coups de baston...
Geronte.
Il n'y a pas de mal.
Que j'ay eu l'honneur de vous donner.
Geronte Ne parlons plus de cela. Monsieur, j'ay une fille qui est tombée dans une estrange maladie. Sganarelle.
Je suis ravy. Monsieur, que vostre fille ait besoin de moy; et je souhaiterois de tout mon cœur que vous* en eussiez besoin aussi, vous et toute vostre famille, pour vous tesmoigner l'envie que j'ay de vous servir.
Geronte.
Je vous suis obligé de ces sentimens.
Sganarelle Je vous asseure que c'est du meilleur de mon ame que je vous parle.
Geronte.
C'est trop d'honneur que vous me faites.
Sganarelle.
Comment s'appelle vostre fille?
Geronte.
Lucinde.
Sganarelle.
Lucinde! Ah! beau nom à medicamenter! Lucinde!
Geronte.
Je m'en vais voir un peu ce qu'elle fait.
Sganarelle.
Qui est cette grande femme-là?
Geronte.
C'est la nourrice d'un petit enfant que j'ay.
Peste! le joli meuble que voila! Ah! nourrice, charmante nourrice , ma médecine est la treshumble esclave de vôtre nourricerie, et je voudrois bien estre le petit poupon fortuné qui tetast le laict de vos bonnes grâces. (// luy porte la main sur le sein.) Tous mes remèdes, toute ma science, toute ma capacité, est à vostre service, et... Lucas.
Avec votte parmission , Monsieu le médecin, laissez là ma femme, je vous prie.
Sganarelle.
Quoy! est-elle vostre femme?
Lucas.
Oûy.