ACTE II, SCENE II
Sganarelle. (// fait semblant d'embrasser Lucas, et, se tournant du costé de la nourrice, il l'em brasse.)
Ah ! vrayment, je ne sçavois pas cela, et je m'en réjouis pour l'amour de l'un et de l'autre. Lucas , en le tirant.
Tout doucement, s'il vous plaist.
Sganarelle.
Je vous asseure que je suis ravy que vous soyez unis ensemble. Je la félicite d'avoir un mary comme vous (// fait encor semblant d'embrasser Lucas, et, passant dessous ses bras, se jette au col de sa femme), et je vous félicite, vous, d'avoir une femme si belle, si sage et si bien faite comme elle est. Lucas, en le tirant encore.
Eh ! testigué! point tant de complimens, je vous suplie.
Sganarelle.
Ne voulez-vous pas que je me réjouisse avec vous d'un si bel assemblage?
Avec moy tant qu'il vous plaira, mais avec ma femme, trefve de sarimonies.
Sganarelle.
Je prens part également au bon-heur de tous deux [il continue le mesme jeu], et, si je vous embrasse pour vous en tesmoigner ma joye, je l'embrasse de même pour luy en tesmoigner aussi. Lucas, en le tirant de rechef.
Ah! vartigué, monsieu le médecin, que de !antiponages!
Molière. IV. 2 5