‹ Théâtre complet de J.-B. Poquelin de MolièreChapitre 12 sur 189 · ACTE II, SCENE II. a · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE II. a

Sganarelle.

Ma fille est impure?

M. TOMÉS.

Je veux dire qu'il y a beaucoup d'impuretez dans son corps, quantité d'humeurs corrompues. Sganarelle.

Ah! je vous entens.

M. ToMÉs.

Mais... nous allons consulter ensemble.

Sganarelle.

Allons, faites donner des sièges.

Lysette, [à M. Tomés'\.

Ah! Monsieur, vous en estes?

Dequoy donc connoissez-vous m.onsieur ?

Lysette.

De l'avoir veu l'autre jour chez la bonne amie de madame vostre nièce.

M. ToMÉs.

Comment se porte son cocher?

Lysette.

Fort bien, il est mort.

M. Tomes.

Mort?

Lysette.

Oûy.

M. ToMÉs.

Cela ne se peut.

Lysette.

Je ne sçay pas si cela se peut, mais je sçay bien que cela est.

M. TOMÉS.

Il ne peut pas estre mort, vous dis-je.

Lysette.

Et moy, je vous dis qu'il est mort et enterré.

M. Tomes.

Vous vous trompez.

Lysette.

Je l'aj veu.

M. TOMÉS.

Cela est impossible. Hippocrate dit que ces sortes de maladies ne se terminent qu'au quatorze ou au vingt-un, et il n'y a que six jours qu'il est tombé malade.

Lysette.

Hippocrate dira ce qu'il luy plaira, mais le cocher est mort.

Sganarelle.

Paix, discoureuse ! Allons, sortons d'ici. Messieurs, je vous supplie de consulter de la bonne manière. Quoy que ce ne soit pas la coustume de payer auparavant, toutefois, de peur que je l'oublie, et afin que ce soit une affaire faite, voicy...

(// les paye, et chacun, en recevant de l'argent^ fait un geste différent.)

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