‹ Théâtre complet de J.-B. Poquelin de MolièreChapitre 126 sur 189 · ACTE III, SCENE VI · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE VI

Sganarelle, se promenant sur le théâtre et s'essuïant le front.

Voila une maladie qui m'a bien donné de la peine !

LUCINDE

Oûy, mon père, j'ay recouvré la parole; mais je l'ay recouvrée pour vous dire que je n'auray jamais d'autre espoux que Leandre , et que c'est inutilement que vous voulez me donner Horace. Geronte.

Mais...

LuCINDE.

Rien n'est capable d'esbranler la resolution que j'ay prise.

Geronte.

Quoy!

LuCINDE.

Vous m'opposerez en vain de belles raisons.

Geronte.

Si...

LuCINDE.

Tous vos discours ne serviront de rien.

Geronte.

Je...

Lucinde.

C'est une chose où je suis déterminée.

Geronte.

^ Mais...

Lucinde.

Il n'est puissance paternelle qui me puisse obliger à me marier malgré moy.

Geronte

Geronte.

J'ay...

LUCINDE

Vous avez beau faire tous vos efforts.

Geronte.

LuCINDE.

Mon cœur ne sçauroit se soumettre à cette tyrannie

La...

LuCINDE.

Et je me jetteray plustost dans un couvent que d'espouser un homme que je n'ayme point. Geronte.

Mais...

Lucinde , parlant d'un ton de voix à étourdir. Non. En aucune façon. Point d'affaire. Vous perdez le temps. Je n'en feray rien. Cela est résolu.

Geronte.

Ah! quelle impétuosité de paroles! Il n'y a pas moyen d'y résister. Monsieur, je vous prie de la faire redevenir muette.

Sganarelle.

C'est une chose qui m'est impossible. Tout ce que je puis faire pour vostre service est de vous rendre sourd, si vous voulez.

Geronte.

Je vous remercie. Penses-tu donc...

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