SCENE III
LYCARSIS, MOPSE, NICANDRE.
NiCANDRE.
Dy-nous donc ta nouvelle.
Lycarsis.
Ah ! que vous me pressez !
Cela ne se dit pas comme vous le pensez.
MopsE.
Que de sottes façons et que de badinage! Menalque pour chanter n'en fait pas davantage.
Lycarsis.
Parmy les curieux des affaires d'Estat, Une nouvelle à dire est d'un puissant éclat. Je me veux mettre un peu sur l'homme d'importance, Et jouir quelque temps de vostre impatience.
NiCANDRE.
Veux-tu par tes délais nous fatiguer tous deux?
MoPSE.
Prends-tu quelque plaisir à te rendre fascheux ?
NiCANDRE.
De grâce, parle, et mets ces mines en arrière.
Lycarsis.
Priez-moy donc tous deux de la bonne manière, Et me dites chacun quel don vous me' ferez Pour obtenir de moy ce que vous desirez.
MopsE.
La peste soit du fat! Laissons-le là, Nicandre*,
238 MELICERTE.
Il brûle de parler bien plus que nous d'entendre. Sa nouvelle luy pesé, il veut s'en décharger, Et ne l'écouter pas est le faire enrager.
Lycarsis.
Hé!
NiCANDRE.
Te voila puny de tes façons de faire.
Lycarsis.
Je m'en vais vous le dire, écoutez.