‹ Théâtre complet de J.-B. Poquelin de MolièreChapitre 148 sur 189 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

MYRTIL, MELICERTE.

Myrtil.

J'ay fait tantost, charmante Melicerte, Un petit prisonnier que je garde pour vous, Et dont peut-estre un jour je deviendray jaloux. C'est un jeune moineau, qu'avec un soin extrême Je veux, pour vous l'offrir, apprivoiser moy-même. Le présent n'est pas grand; mais les divinitez Ne jettent leurs regards que sur les volontez. C'est le cœur qui fait tout, et jamais la richesse Despresens que... Mais, Ciel! d'où vientcette tristesse? Qu'avez-vous, Melicerte, et quel sombre chagrin Se voit dans vos beaux yeux répandu ce matin ? Vous ne répondez point, et ce morne silence Redouble encor ma peine et mon impatience. Parlez, de quel ennuy ressentez-vous les coups? Qu'est-ce donc ?

Ce n'est rien.

Ce n'est rien, dites-vous ?

Et je voy cependant vos yeux couverts de larmes. Cela s'accorde-t-il, beauté pleine de charmes? Ah 1 ne me faites point un secret dont je meurs.

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