‹ Théâtre complet de J.-B. Poquelin de MolièreChapitre 4 sur 189 · LUCINDE, SGANARELLE · texte numérisé non relu

LUCINDE, SGANARELLE

Sganarelle.

Ah ! voila ma fille qui prend l'air. Elle ne me void pas. Elle soupire. Elle levé les yeux au ciel. [A Lucinde. ] Dieu vous gard ! Bon jour, ma mie. Hé bien ! qu'est-ce ? comme vous en va ? Hé quoy ! toujours triste et mélancolique comme cela, et tu ne veux pas me dire ce que tu as ? Allons donc, découvre-moy ton petit cœur, là, ma pauvre mie, dy, dy ; dy tes petites pensées à ton petit papa mignon. Courage ! Veux-tu que je te baise ? vien. [ A part. ] J'enrage de la voir de cette humeur-là. [ A Lucinde. ] Mais dy-moy, me veux-tu faire mourir de desplaisir, et ne puis-je sçavoir d'où vient cette grande langueur ? Descouvre-m'en la cause, €t je te promets que je feray toutes choses pour toy. Oùy, tu n'as qu'à me dire le sujet de ta tristesse, je t'asseure icy et te fais serment qu'il n'y a rien que je ne fasse pour te satisfaire. C'est tout dire. Est-ce que tu es jalouse de quelqu'une de tes compagnes que tu voyes plus brave que toy, et seroit-il quelque estoffe nouvelle dont tu voulusses avoir un habit? Non. Est-ce que ta chambre ne te semble pas assez parée, et que tu souhaitterois quelque cabinet de la foire Saint-Laurent ? Ce n'est pas cela. Aurois-tu envie d'apprendre quelque

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