‹ Théâtre complet de J.-B. Poquelin de MolièreChapitre 48 sur 189 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

CELIMENE, ALCESTE, BASQUE.

Celimene.

Qu'est-ce?

Basque.

Acaste est là-bas.

Celimene.

Hé bien! faites monter.

Alceste.

Quoy! l'on ne peut jamais vous parler teste à teste? A recevoir le monde on vous voit toujours preste, Et vous ne pouvez pas, un seul moment de tous, Vous résoudre à souffrir de n'estre pas chez vous?

Celimene.

Voulez-vous qu'avec luy je me fasse une affaire?

Alceste.

Vous avez des regards qui ne sauroient me plaire.

C'est un homme à jamais ne me le pardonner. S'il sçavoit que sa veuë eust pu m'importuner.

Alceste.

Et que vous fait cela pour vous gesner de sorte...

Celimene.

Mon Dieu ! de ses pareils la bienveillance importe. Et ce sont de ces gens qui, je ne sçay comment, Ont gagné dans la cour de parler hautement. Dans tous les entretiens on les voit s'introduire ;

Ils ne sçauroient servir, mais ils peuvent vous nuire, Et jamais, quelqu'apuy qu'on puisse avoir d'ailleurs, On ne doit se brouiller avec ces grands brailleurs.

Alceste.

Enfin, quoy qu'il en soit et sur quoy qu'on se fonde, Vous trouvez des raisons pour souffrir tout le monde, Et les précautions de vostre jugement...

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