‹ Théâtre complet de J.-B. Poquelin de MolièreChapitre 91 sur 189 · ACTE I, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE II

Tarbre et le doigt il ne faut point mettre l'escorce.

(En suite, il revient vers sa femme, et luy dit

en luy pressant la main : )

O çà, faisons la paix nous deux. Touche là.

Martine.

Oùy ! après m'avoir ainsi battue!

Sganarelle.

Cela n'est rien. Touche.

Martine.

Je ne veux pas.

Sganarelle.

Hé?

Martine.

Non.

Sganarelle.

Ma petite femme.

Martine.

Point.

Allons, te dis-je.

Martine.

Je n'en feray rien.

Sganarelle.

Vien, vien, vien.

Martine.

Non, je veux estre en colère.

Sganarelle.

Fy ! c'est une bagatelle ; allons, allons.

Martine.

Laisse-moy là.

Sganarelle.

Touche, te dis-je.

i68 LE MEDECIN MALGRÊ-LUY.

Martine Tu m'as trop mal traitée.

Sganarelle.

Et bien, va, je te demande pardon; mets là ta main.

Martine.

Je te pardonne , {elle dit le reste bas) mais tu le payeras.

Sganarelle.

Tu es une folle de prendre garde à cela. Ce sont petites choses qui sont de tems en tems nécessaires dans l'amitié, et cinq ou six coups de baston entre gens qui s'aiment ne font que ragaillardir l'affection. Va, je m'en vais au bois, et je te promets aujourd'hui plus d'un cent de fagots.

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