‹ Théâtre complet de J.-B. Poquelin de MolièreChapitre 95 sur 189 · ACTE I, SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE IV

se mit aussi-tost à se promener dans sa chambre comme si de rien n'eust esté.

Ah!

Valere.

Il falloit que ce fust quelque goûte d'or potable.

Martine.

Cela pourroit bien estre. Il n'y a pas trois semaines encore qu'un jeune enfant de douze ans tomba du haut du clocher en bas, et se brisa sur le pavé la teste, les bras et les jambes. On n^ eut pas plustost amené nostre homme qu'il le frotta par tout le corps d'un certain onguent qu'il sçait faire, et l'enfant aussi-tost se leva sur ses pieds et courut jouer à la fossette.

Lucas.

Ah!

Valere.

Il faut que cet homme-là ait la médecine universelle.

Martine.

Qui en doute ?

Lucas.

Testigué ! vêla justement l'homme qu'il nous faut ; allons viste le charcher.

Valere.

Nous vous remercions du plaisir que vous nous faites.

Martine.

Mais souvenez-vous bien au moins de l'avertissement qne je vous ay donné.

Lucas.

Hé ! morguenne ! laissez-nous faire ; s'il ne tient qu'à battre, la vache est à nous. Nous sommes bien-heureux d'avoir fait cette rencontre, et j'en conçois, pour moy, la meilleure espérance du monde.

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