‹ Théâtre complet de J. RacineChapitre 102 sur 716 · RE8TE · texte numérisé non relu

RE8TE

Amsi donc , tout prêt à le quitter.

Sur mon propre desthi je viens vous consulter. Déjà même je crois entendre la réponse Qu'en secret contre moi votre haine prononce.

HBRWOIŒ.

Hé quoi ! toujours injuste en yan tristes discours , De mon inimitié vous plainArez-vous toujours? Quelle est cette rigueur tant de mis aD^ée ? J'ai passé dans l'Épire où j'étais relevée; Mon père Fordonnait : mais qui sait si depuis Je n'ai point en secret partagé vos ennuis? Pensez-vous avoir seul éprouvé des alarmes ; Que rÉpire jamais n'ait vu couler mes larmes? Enfin, qui vous a dit que , malgré mon devoir. Je n'ai pas quelquefois souhaité de vous voir?

ORESTE

Souhaité de me voir! Ah! divine princesse... Mais, de grâce, est-ce à moi que ce discours s'adresse? Ouvrez vos yeux ; songez qu'Oreste est devant vous , Oreste, si longtemps l'objet de leur courroux.

HERUIOlfE.

Oui, t'est VOUS dont l'amour, naissant avec leurs rliarmcB,

126 Ar«DROMAQU£.

Leur apprit le premier le pouvmr ée leurs irme»; Vous , que mille vertus me forçaient d*e£lfaiier ; Vous , que j'ai plaint , enfin que je Toudrais aimer.

OftESTB.

Je vous entends. Tel est mon partage funeste :

Le coeur est pour Pyrrhus , et les vœnx pour Oieste.

BERHiOIlB.

\|i ! ne souhaitez pas le destin de Pyrrhus , Je VOUS haïrais trop.

ORBSTB.

^iJ- O Vous m'en aimeriez plus.

■ Ah ! que vous me verriez d'un regard bien contratre! Vous me voulez aimer, et je ne puis vous plaire ; li:t, l'amour seul alors se faisant obéir. Vous m'aimeriez, madame, en me voulant hair. Oh dieux ! tant.de re^iects, uie amitié si tendre, Que de raisons pour moi , si vous pouviez m'entendre! Vous seule pour Pyrrhus disputez aujourd'hui , Peut-être malgré vous , sans doute malgré lui : Car enfin il vous hait ; son &me aiUeurs éprise N'a {dus...

SBRMIOIUI.

Qui vous l'a dit, seigneur, qu'il me méprise? Ses reg^uxls, ses discours vous l'ont-ils donc appris? Jugez-vous que ma vue insphre des mépris ; Qu'elle allume en un cœur ctes feux si peu durais? Peut-être d'autres yeux me sont plus fiavorabtes.

ORESTB.

Poursuivez : il est beau de m'insulter ainsi. Cruelle ! c'est donc moi qui vous merise ici ? Vos yeux n'ont pas assez éprouvé ma constance? Je suis donc un témoin de leur peu de puissance? Je les ai méprisés? Ah ! qu'ils voudraient bien voir Mon rival conmie moi mépriser leur pouvoir !

HERHIONE.

Que m'importe, seigneur, sa haine ou sa tendresse? Allez contre un rebelle armer toute la Grèce; Rapportez-lui le prix de sa rébellion; Qu'on fasse de TEpire un second Hion : Allez. Après cela direz- vous que je l'aime?

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