‹ Théâtre complet de J. RacineChapitre 103 sur 716 · ACTE il, SCÈ^E m. W · texte numérisé non relu

ACTE il, SCÈ^E m. W

ORESTE

Bfadame , fûtes ^us, et venez-y yous-mâme. Voulez-Tous demeurer pour otage en ces lieux ? Venez daas tous les cœurs faire parler vos yeuiL. Faisons de notre haîne une conunune attaque.

HERHIONB.

Mais , sdgneur, cependant s'il épouse Andromaque ?

ORESTE

lié madame!

HERMIONE

Songez quelle honte pour nous Si d'une Phrygienne il devenait Tépoux !

Et vous le haïssez ! Âvouez-le , madame , L'amour n*est pas un feu qu'on renferme en une âme : Tout nous trahit , la voix , le silence, les yeux ; £1 les feux mal couverts n'en éclatent que mieux.

HERHIOim. •

Seigneur, je le vois bien , votre âme prévenue Répand sur mes discouis le venin qui ta tue, Toujours dans mes raisons cherche quelque détour, et croit qu'en moi la haine est un effort d'amour. U faut donc m'expliquer : vous agirez ensuite. Vous savez qu'en ces lieux mon devoir m'a conduite : Mon devoir m'y retient ; et je n'en puis partir Qae mon père , ou Pyrrhus , ne m'en fa^e sortir. De la part de mon père allez hn faire entendre Que l'ennemi des Grecs ne peut être son gendre •. Du Troyen ou de moi faites-le décider ; Qu'il songe qui des deux il vent rendre ou garder : Enfin , qu'il me renvoie , ou bien qu'il vous le livre. Adieu. S'il y consent , je suis prête à vous suivre.

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