‹ Théâtre complet de J. RacineChapitre 107 sur 716 · ACTE IIJ, SCÈNE I. !:n · texte numérisé non relu

ACTE IIJ, SCÈNE I. !:n

PYRRHUS

Moi, Taimer? une ingrate Qui me liait d'autant plas que mon amour la flatte ? Sans pareots^ sans amis, sans espoir que sur moi ? Je pois perdre son fils , peut-être je le doi ; Étrangère... que dis-je ? esclaTe dans l'Épine , Je lui dcmne son fils , mon Ame, mon empire : Et je ne puis gagner dans son perfide cœur D'antre rang que celui de son persécuteur ? Non , non , je l'ai juré , ma Teogeanee est certaine ; 1 1 faut bien une fois justifier sa haine : J'abandonne son fil8.:rQiié de pleurs vont couler ! De quel nom sa douleur me ya^t-eUe appeler ! Quel spectacle pour elle aujourd'hui se dispose ! Elle en mourra , Phœnix ; et j'en serai la cause : C'est lui mettre moi*mème un poignard dans le sein.

PHOBlflX.

Et pourquoi donc en faire édater le dessein ? Que ne consultie^yous tantôt Yotre (aiblesBe?

PYRADOS.

Je t'entends. Mais eicnse un reste de tendresse. Crains-tu pour ma colère un si faible combat ? D'un amour qui s'éteint c'est le dernier éclat. Allons. A tes conseils , Phœnix, je m'abandonne. Faut-il livrer son fils ? faut-il voir liermione?

PHOEHIX.

Oui , Yoyez-là , seigneur; et par des vœux s^mis Protestez-lui...

PTRRnCS.

Faisons tout ce que j'ai promis.

Page 1