SCÈNE I
HERMIONE
,,0ù 8uis-je?qu*aije fait? que dois-je faire encore? j Qud transport me saisit ? quel chagrin me dévore ? I -^ ÛF 3t Errante et sans dessein , je cours dans ce palais.
Ah ! ne puis-je savoir si j'aime ou si je hais ?
Le cruel! de quel œil il m*ajcongédiée!
Sans pitié, sans douleur au moins étu<fiée !
I/ai-je TU se troubler, et me plaindre un moment?
En ai-je pu tirer un seul gémissement?
Muet à mes soupirs , tranquiUe à mes alarmes ,
Semblait-il seulement qu'il eût part à mes larmes ?
Et je le plains encore ! et , pour comble d'ennui ,
Mon cœur, mon lâche cœur s'intéresse pour lui !
Je tremble au seul penser du coup qui le menace ! *
Et , prête à me yenger, je lui fkis déjà grâce !
Non, ne révoquons point l'arrêt de mon courroux :
Qu'il périsse I aussi bien il ne vit plus pour nous.
Le perfide triomphe , et se nt de ma rage :
Il pense voir en pleurs dissiper cet orage ;
Il croit que , toujours faible , et d'un cœur incertain ,
Je parerai d'un bras les coups de l'autre main.
Il juge encor de moi par mes bontés passées.
Mais plutôt le perfide a bien d'autres pensées :
Triomphant dans le temple , il ne s'informe pas
Si l'on souhaite ailleurs sa vie ou son trépas.
Il me laisse , l'ingrat , cet embarras funeste.
Non , non , encore un coup , laissons agir Oreste.
Qu'il meure , puisqu'enfin il a dû le prévoir,
Et puisqu'il m'a forcée enfin à le vouloir...
A le voidoir? Hé quoi ! c'est donc moi qui l'ordonne?
Sa mort sera l'effet de l'amour d'Hermione?
Ce prince, dont mon cœur se faisait autrefois Avec tant de plaisir redire les exploits ; A qui même en secret je m*étaLs destinée,