‹ Théâtre complet de J. RacineChapitre 131 sur 716 · RE8TE · texte numérisé non relu

RE8TE

Pardonnez à leur impatience :

lis ont, je le vois bien , trahi votre vengeance; ^Voiis vouliez que ma main portftt les premiers coups; Qu'il sentit en mourant qu'il expirait pour vous. Mais c'est moi dont Tardeur leur a servi d'exemple : Je les ai pour vous seule entraînés dans le temple , Madame; et vous pouvez justement vous flatter D'une mort que leurs bras n'ont fait qu'exécuter. Vous seule avez poussé les coups...

HBRMIONE.

Tais-toi, perfide»

Et n'ùnpute qu'à toi ton lâche parricide. Va faire chez tes Grecs admirer ta fureur, Va ; je la désavoue , et tu me fais horreur. Barbare , qu'as-tu fait? avec quelle furie As-tu tranché le cours d'une si bdle vie? Avez-vous pu y cruds , l'immoler aujourd'hui, Sans que tout votre sang se soulevât pour lui? Mais parle ; de son sort qui t'a rendu l'arbitre ? Pourquoi l'assassiner? qu'a-t-4l fait? à quel titre? Qui te l'a dit?

ORBSTE.

Oh dieux! quoi! ne m'avez-vous pas Vous-même, ici , tantôt, ordonné son trépas?

nSRHlOKE.

Ah ! fallait-fl en croire une amante insensée?

Ne devais-tu pas lire au fond de ma pensée?

Et ne voyais-tu pas , dans mes emportements ,

Que mon coeur démentait ma bouche à tous moments?

Quand je l'aurais voulu , fallait-il y souscrire?

N'as-tu pas dû cent fois te le faire redire?

Toi-même avant le coup me venir consulter?

Y revenir encore, ou plutôt m'éviter?

Que ne me laissais-tu le soin de ma vengeance?

Qui t'amène en des lieux où l'on fuit ta présence?

Page 1