ACTE 11 , SCÈNE I. n
J'en voyais et dehors et dedans nos murailles : Chaque assaut à mon cœur livrait miUe combats; Kl raille fois le jour je souITrais le trépas.
IIÉMOK.
Mais enfin qu'ai-je fait , en ce malheur extrême. Que ne m'ait ordonné ma princesse elle-mèroe? J'ai suivi Polynice; et vous l'avez voulu : Vous me Tavèz prescrit par un ordre absolu. Je lui vouai dès lors une amitié sincère; Je quittai mon pays , j'abandonnai mon père ; Sur moi , par ce départ, J'attirai son courroux , VA , pour tout dire enfin , je m'éloignai de vous.
ANTIGONE
Je Di'en souviens, Hémon , et je vous fais justice ; C'est moi que vous serviez en servant Polynice : il m'était cher alors comme il est aujourd'hui ; Et je prenais pour moi ce qu'on faisait pour lui Nous nous aimions tous deux dès la plus tendre enfance « Kt j'avais sur son cœur une entière puissance; Je trouvais à lui plaire une extrême douceur. Et les diagrins du frère étaient ceux de la sœur. Ah ! si j'avais encor sur lui le mèni^ empire , Il aimerait la paix , pour qui mon coeur soupire : Notre commun malheur en serait adouci : Je le verrais , Hémon ; vous me verries aussi 1
aéiiON.
I>e cette affreuse guerre il abhorre l'image. Je Tai vu soupirer de douleur et de rs^e , i^orsque , pour remonter m tr6ne paternel , On le força de prendre un chemin si cruel. Espérons que le ciel , touché de nos misères , Achèvera bientôt de réunir les iirères : Puisse-t^ii rétablir l'amitié dans leur.OBur, Et conserif^r l'amour dans celui de la sœur !
AMTICONE.
Uâas ! ne doutez point que ce dernier ouvrage
Ne lui soit plus aisé qu<) de calmer leur rage :
Je les connais tous deux , et je répondr^is bien
Que leur cœur, cher Hémon , est |dus dur que le mien.
Mais les dieux qu^uefois font de plus grands miracles.