‹ Théâtre complet de J. RacineChapitre 176 sur 716 · CB1CA1CB · texte numérisé non relu

CB1CA1CB

Mais j'en appelle, moL

LÉAIfMtE, Im BMMtmt ne pifio.

Voyez cette écriture.

Vous n'appellerez pas de Totre signature.

CHICAICBAU.

PUtt-U?

Cest un contrat en tori bonne (açon.

aHQkNEÀII.

Je vois qu'on m'a snrpris ; mais j'en aurai De plus de Tîngt procès oed sera la somoe. On alafille;sait : on n'aura pas la bonne.

lié monsieur! qui tous dit qu'on tous demande rien: LaiiWHKius Totre fiDe» et gudez Totre bien.

CniCàîlEAU.

Ah!

Mon père, étes^Toos eonlent de randienoe?

AARBIII.

Oni-dà. Que les procès neanenlen abondaBDe, Et jepane «Tec yoqs le reste de mes jours. Mms que les avocats soient désoimiirt pins courts Et noire criminel?

ACT£ lU, SC£i\£.lY. 211

uUnmie.

Me parlons que de joie; GrAce ! gr&ce ! mon père.

Hé bien I qu'on le renvoie.

C'est eu voUe foYeuTy ma bni , ce que j'en fut. àUons M«8 délasser à Toir dTaolres procès.

PRÉFACE "^ DE BRITANNIGUS.

Vold «elle de mm tragédies qae Je puis dire qae j'ai le plus traTall- Me. Cependant J'avone que le succès ne répondit pas d'abord à nei espérances : à peine elle parut sur le théâtre, <ia*li s'étera* qaaaXÊé de crittqaes qui semblaient ta devoir détmire. Je crus moi-même qne u destinée serait à l'avenir moins heureuse qne cette de mes antres tragédies. Hais enlin il est arrivé de cette pièce ce qui arrivwa tonloors^ ouvrages qui auront quelque bonté : les critiques se sont évanmdes)Ja pièce est demeurée. €'est maintenant celle des miennes qoe la eov^ cts^ le public revolent le plus volontiers. Et si J'ai fait quelque chose de solide et qui mérite quelque louange, la plupart des connaisseurs demeurent d'accord que c'est ce même Britannlcns.

▲ la vérité J'avais travaillé sur d^ modèles qui m'avaient extrêmement soutenu dans la peinture que Je voulais faire de la cour d'Agrlppine et de Néron. J'avais copié mes personnages d'après le plus grand peintre de l'antiqidté , Je veux dire d'après Tttcite ; et J'étais alors si rempli de la lecture de cet excellent historien, qu'il n'y a presque pas on trait écb. tant dans ma tragédie dont 11 ne m'ait donné l'idée. J'avais vouhi mettre dans ce lecueil un extrait des pias beaux endroits que J'ai tâcbé d'imiter; mais J'ai trouve que cet extrait tiendrait presque autant de place que la tragédie. Ainsi le lecteur trouvera bon que Je le renvoie i cet auteur, qui aussi bien est entre les mains de tout le monde ; et |& me contenterai de rapporter ici quelques-uns de ses passages sor chacun des personnages qne J'Introduis sur la scène.

Pour commencer par Néron, 11 font se souvenir qu'il est id dans le^ premières années de son règne , qui ont été heureuses , comme l'on salL Ainsi U ne m'a pas été permis de le représenter aussi méchant qull a été depuis. Je ne le r^résente pas non plus comme nn homme vertueux ; car U ne l'a Jamais été. U n'a pas encore.tué sa mère, sa femme , ses gouverneurs ; mais Al a en lui les semences de tous ces crimes : il commence à vouloir secouer le Joug. U les hait les uns et les autres; 11 leur eache / sa haine sous de fausses caresses, /ach(« natura velare oéUMm/aUaei' ^ \ bus blanditiit. En on mot , c'est Ici un monstre nalssiant , mais qui n'ose encore se déclarer, et qui cherche des couleurs à ses méchantes actioos, hacUniu Nero fiagiUii etseeleribua velamenta quœsivU. Il ne pouvait souffrir Octavie , princesse d'une bonté et d'une vertu exemplaires, f€tto guodom. anlquia prœoalent iUieita. Metttebttturque n» in ttupra fctminarum iUtutrium prorumperet.

Je lui donne Narcisse pour confident. J'ai suivi en cela Tacite, quidH que Néron porta impatiemment la mort de Narcisse , parce que cet affranchi avait une conformité merveilleuse avec les vices du prince encore cachés; cinjm abditis cuthue viUts mire eongruebat, Ce paaaafi« prouve deux choses : il prouve, et que Néron était déjà vidcui , mais qull dtsstanulalt %tè vices ; et que Narcisse l'entretenait dans ses mauvais ses inclinations.

J'ai choisi Burrhns pour opposer un honnête homme ft cette petite dr cour; et Je l'ai choisi plutôt que Sénèque : en voici hi raison. Ils (>taieni tous deux gouverneurs de la Jeunesse de Néron , l'un pour les aripO}

« PRÉFACE. îfT

hiatre pour le^IcttreH ; et ils étaient fameax , Burrhi» poursoo expérience dans les armes et ponr la sévérité de tes nurnrs , militaritm turts et severitate morum ; Sénèque pour son éloquence et le tour agréàlile de son esprit, Senecaprœeeptit eloquentiœ etcomitate Aoneita. Borrlnis après sa mort fat extrêmement regretté, à cause de sa ▼erta : civitati grande desiderium ^ut mansitper memoriam virtu-

tu.

Toute leur peine était de résister à Torgueil et à la férocité d'Agrip:» ^ine, qua, eunctit mala dominationis cupidinibut flagrans , habe^ b(U in partibus Patlantem. Je ne dis qae ce mot d*Agrtpplne , car U y aurait trog^ choses à en dire. C'est elle que )e me suis surtout efforce de l>ieB exprimer ; et ma tragédie n'est pas moins la disgrftce d'Agrippine, que la mort de Britannicus. « Cette mort fut un coup de fondre •* ponr elle; et il parut, ditTadte, par sa frayeur et par sa consterna- « ttoD, qu'elle était aussi innocente de celte mort qu'OctavIe. Agrippine M perdait en lui sa dernière espérance , et ce crime lui en faisait crain- " dre un plus grand : »Sibl supremum auxiliumêreptum , etparricidii exemplum intelligebat.

L'âge de Britannicns était si connu , qu'il ne m'a pas été permis de le représenter autrement que comme un Jeune prince qui avait beaucoup de cœur, beaucoup d'amour et beaucoup de franchise . qualités ordinalnés d'un Jenne homme. Il avait quinze ans; et on dit qu'il avait ]>eaucoop d'esprit, soit qu'on dise vrai , on que ses malheurs aient fait croire cela de lui, sans qu'il ait pu en donner des marques : Neque segnem et fuisse indolem/eruttt , sive verum , *eu periculis commendatus retinuttfamam sine e:»perifHento.

Il ne faut pas s'étonner s'il n'a anprès de lui qu'un aussi méchant komme que Narcisse ; car il y avait longtemps qn'on avait donné ordre qu'a n'y eût anprès de Britannicus que des gens qui n'eussent ni fol ni iionneur : Nom ut proximus quisque Britannico neque fms neque ^dem pensi hcriteret , olim provisum erat

Il me reste & parler de Junie. Il ne la faut pas confondre avec une ««eille coquette qui s'appelait JuïriA Siianâ. C'est ici une autre Junie que Tacite appelle JuiriA Calvina, de la famille d'Auguste, sœur de SilanonàqulClaadlns avait promis Octavle. Cette Junie était Jeune et belle. et, comme dit Sénèque , feHiviuima omnium puellarwn. Son frère cl efle s'aimaient tendrement ; et leurs ennemis , dit Tacite , les accusèrent tons deux dlnceste, quoiqu'ils ne fussent coupables que d'un peu d'iudiscrêtioB. Elle vécut Jusqu'au règne de Vespasien.

Je la fais entrer dans les vestales , quoique , selon Anlu-Gelle . on n'y rcçAt Jamais personne au-dessous de six ans, ni au-dessus de dix. Mats le peuple prend ici Jnnie sous sa protection ; et J'ai cru qu'en considération de sa naissance , de sa vertu et de son malheur, il pouvait la dis* penser de l'âge prescrit par les lois , comme il a dispensé de l'âge pour le consulat tant de grands hommes qui avalent mérité ce prtvUj^ice.

BRITANNIGUS,

TRAGÉDIB (I6t9).

ACTEURS

NÉRON , empereur» fils d'Agrippbie.

BRITANNICUS , fils de Measaline et' de rempereor GtaudiM.

AGRIPPINB, veuve de Domlttus éoolMirbaB père de Km», et eu

secondes noces veuve de l'empereur CUudins. JUNIB » amante de Britannicus. *

BURRIIUS , gouverneur de Néron.

M ARCISSB , gouverneur de Britannicus.

ALBINE , confidente d*Agripptne.

GARDES

La scène est à Rome , dans une chambré du paiato de Néron.

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