ACTE I, SCÈNE II. )2l
De quoi Taccuse-l-il? et par quel attentat Devient-elle en tm jour criminelle d'État ; Elle qui , sans orgueil jusqu'alors élevée , N'aurait point tu Néron , s'il ne l'eût enlevée , Kt qui mémo aurait mis au rang de ses bienfaits L'Iieureuse liberté de ne le Toir jamais?
BUBRmJS.
Je sais que d'aucun crime elle n'est soupçonnée. Mais jusqu'ici César ne l'a point condamnée , Madame : aucun objet ne blesse ici ses yeui ; Elle est dans un palîâs tout plein deses mxoL. Vous savez que les droits qu'elle porte avec elle Peuvent de son époux faire un prince rebelle ; Que le sang de César ne se doit allier Qu*à ceux à qui César le veut bien confier : Et vous-même avouerez qu'il ne serait pas juste Qu'on disposât sans lui de la nièQQ d'Auguste.
AGRIPPUTE.
Je vous entends : Néron m'aj^rend par votre voîh
Qu'en vain Britannicus s'assure sur mon choix.
£n vain , pour détourner ses yeux de sa misère ,
J'ai flatté son amour d'un hymen qu'il espère :
A ma confusion, Néron veut faire voir
Qu'Agrippine promet par delà son pouvoir.
Roiue de ma faveur est trop préoccupée ;
Il veut par cet affront qu'elle soit détrompée ,
Et que tout l'onivers apprenne avec terreur
A ne confondre plus mon fils et l'empereur.
11 le peut. Toutefois j'ose encore lui dire
Qu'il doit avant ce coup affermir son empire ;
Et qu'en me réduisant à la nécessité
D'éprouver contre loi ma faible autorité ,
Il expose la sienne ; et que dans la balance
Mon nom |)eut-ètre aura plus de poids qu'il ne pense.
BURRHDS.
Quoi, madame! toujours soupçonner son respect ! Ne peut-il faire un pas qu'il ne vous soit suspcd ? L'empereur vous croit-il du parti de Junie? Avec llritannicus vous crolt-i] réunie.^ Quoi! de vos ennemis devenez-vous l'appui , Tonr trouver un prétexte» vous plaindre de lui?
ly.
Sar le moiiidiedieeoanqs'oB pourra toik redire , Serez-Toiis toojoon prèle à partager Tempire? Vous ciaiodRi-Toas saM eeese, ei tos embfaaaeiBcnis Ne se passeront-ils qD*CD édairdsseoBeDls? Ah ! quittez d'un ecDseor la triste dOigence : D'une mère facile affeela rindulgence; SoofTrei quelques irmdeors sans les faire édater ; Et n'avertisseï point la cour de tous quitter.
ACaiPMllS.
Et qui s'honorerait de Tappoi d'Agiippiœ, Lorsque Néron Inf-oataie aoniMioe ma raine ; Lorsque de sa présenee il semble me hannir ; Quand Bunrhns à sa porte ose me retaûr?
BOBamis.
Madame, je vois bien qu'il esttmpe de me taire. Et que ma liberté commence à yoos àèfiaàn, La douleur est iiyuale; et toptes les raisons Qui ne la flattent point aigrissent ses soupçons. Voici Britannicns. Je lui cède ma place. Je TOUS laisse écouter et pbnidre sa disgrâce. Et peut-être, madame, en accuser les soins De ceux que remperenr a consultés le moins.