ACTE 11., SCÈKE II
Rt fera regretter aux princes des Thébains De n'être pas sortis du dernier des humains.
nÉMON.
Peut-on se repentir d'un si grand avantage? Un si noble trépas flatte trop mon courage; Et da sang de ses rois il est beau d*ètre issu , Dût-on rendre ce sang sitôt qu'on Ta reçu.
ANTIGONB.
né quoi ! si parmi nous on a Tait quelque offense , Le ciel doit-il sur tous en prendre la vengeance? Kt n'esirce pas assez du père et des enfants, Sans qa*fl aille plus loin chercher des innocents? C'est à nous à payer pour les crimes des nôtres : Punissez-noas, grands dieux t mais épargnez les autres. Mon père , cher Hémon , tous va perdre aujourd'hui ; Et je TOUS perds peut-être encore plus que lui : Le ciel punit sur vous et sur votre famiUe , Et les crimes du père, et l'amour de la fiUe ; Et ce funeste amour vous nuit encore plus Que les crimes d'Œdipe et le sang de Laïus.
HÉMON
Quoi! mon amour, madame? Et qu'a-t-il de funeste?
Est-ce un mme qu'aimer une beauté céleste ?
Et puisque sans colère fl est reçu de vous ,
En quoi peut-il du ciel mériter le courroux?
Vous setile en mes soupirs êtes intéressée ,
C'est à vous à juger s'ils vous ont offensée :
Tels que seront pour eux vos arrêts tout-puissants.
Ils seront criminels , ou seront innocents.
Que le ciel à son gré de ma perte dispose ,
J'en chérirai toujours et Tune et l'autre cause ,
Glorieux de mourir pour le sang de mes rois ,
Et plus heureux encor de mourir sous vos lois.
Aussi bien que ferais-je en ce commun naufrage?
Pourrais-je me résoudre à vivre davantage?
En vain les dieux voudraient différer mon trépas^
Mon désespov ferait ce qu'ils ne feraient pas.
Mais peutrêtre , après tout , notre frayeur est vaine t
Attendons. ... Mais voici Polynice et la reine.