BRITANNICUS , NARCISSE
BRrrANNICUS.
Ne m'as-tu point flatté d'une firasse espérance ? Puis-je sur ton récit fonder quelque assurance » Narcisse?
ACT£ Ul, SCÈNE VI. 243
NàRCISSB.
Oui. Mais, seigneur, ce n'est pas en ces lieux Qu'il faat développer ce mystère à tos yeux. Sortons. Qu'attendez-Tous?
BRiTANKICOS.
Ce que j'attends , Narcisse ?
Hélas I
NAROttSE.
Expiiquez-Tous.
miTAMincus.
Si par ton artifice Je pouvais revoir. . .
NARaSSE.
Qui?
BRrrANincus.
J'en rougis. Mais enfin D'un cœur moins agité f attendrais mon destin.
NARCISSE
Après tous mes discours vous la croyez fidèle?
BRrrAHRlCVS.
Non , je la crois , Narcisse , ingrate , crimin^le ,
Digne de mon courroux : mais je sens , malgré moi ,
Que je ne le crois pas autant que je le doi.
Dans ses égarements mon cœur opiniâtre /
Lui prête des raisons , fexcnse , Fidolâtre.
Je voudrais vaincre enfin mon incrédulité ;
Je la voudrais haïr avec tranquillité.
Et qui croira qu'un cœur si grand en apparence.
D'une infidèle cour ennemi dès Fenfance ,
Renonce à tant de gloire , et dès le premier jour
Trame une perfidie inMe à la cour?
NARaSSE.
Et qui sait si l'ingrate , en sa longue retraite , N'a point de l'empereur médité la défaite? Trop sûre que ses yeux ne pouvaient se cacher, Peut^tre elle fuyait pour se faire chercher, Pour exciter Néron par la gloire pénible De vaincre une fierté jusqu'alors invincible.
BRITANIilCDS.
Je ne la puis donc voir ?
Narcisse.
Seigneur, en ce moment
244 BRITANIIICUS.
Elle reçoit les vonix de son nouvel amant.
CRirANiaCDS.
Eli bien ! Narcisse , allons. Mais que Yois-je? C'ert elle.
M&RGU6B» à part.
Ah dieux ! A Fempereur portons cette nouvelle.