‹ Théâtre complet de J. RacineChapitre 233 sur 716 · BÉRÉNICE , ANTIOCHUS , PHÉNICE · texte numérisé non relu

BÉRÉNICE , ANTIOCHUS , PHÉNICE

BéRÉNlCE.

Enfin je me dérobe à la joie importune

De tant d*amis nouveaux que me fait la fortune :

Je fuis de leon respects l'inutile longueur.

Pour chercher un ami qui me parle du cœur.

Il ne faut point mentir, ma juste impatience

Vous accusait déjà de quelque négligence.

Quoi I cet Antiochus , dSsais-je , dont les soins

Ont eu tout rorient et Rome pour témoins ;

lui que j*ai yu toujours , constant dans mes traversas ,

Suivre d'un pas é^ mes fortunes diverses;

/aujourd'hui que les dieux semblent me présager

Un honneur qu'avec lui je prétends partager ,

Ce même Antiochus, se cachant à ma vue ,

Me laisse à la lAerci d'une foide inconnue!

ANTIOCHUS

11 est donc vrai , madame? et, selon ce discours , L'hymen va succéder à yos longues amours?

BÉRÉJUKE,

Seigneur , je vous veux bien confier mes idarmes. Ces jours ont vu mes yeux baignés de qudques larmes : Ce long deuil que Titus imposait à sa cour Avait , même en secret , suspendu son amour ; 11 n'aVait plus pour moi cette ardeur assidue Lorsqu'il passait les jours attaché sur ma Tue ; Muet, chargé de soins, et les larmes aux yeux , U ne me laissait plus que de tristes adieux. Jugez de ma douleur , moi dont l'ardeur extrême , Je TOUS l'ai dit cent fois , n'aime en lui que lui-même; Moi qui , loin des grandeurs dont il est revêtu , Aurais choisi son cceur et cherché sa vertu.

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