‹ Théâtre complet de J. RacineChapitre 242 sur 716 · BÉRÉNICE, TITUS, PAULIN, PHÉNICE · texte numérisé non relu

BÉRÉNICE, TITUS, PAULIN, PHÉNICE

BénéNicE.

Ne vous offensez pas si mon zèle indiscret De votre solitude interrompt le secret.

Tandis qu'autour de moi votre cour assemblée Retentit des bienCûts dont vous m'avez comblée , Est-fl juste , seigneur, que seule en ce moment Je demeure sans voix et sans ressentiment? Mais , seigneur, (car je sais que cet ami sincère Du secret de nos cœurs connaît tout le mystère ) Votre deuil est fini , rien n*arréte vos pas , Vous êtes seul enfin , et ne me cherchez pas. J'entends que vous m'offrez un nouveau diadème , Et ne puis cependant vous entendre vous-même.

ACTIi li, SCÈNE iV. 195

Hélas ! plus de repos , seigneur, et moins d'éclat : Votre autour ne peutnil paraître qu'au sénat? Ah Titus ! (car enfin l'amour fuit la contrainte De tous ces noms que suit le respect et la crainte) De quel soin Totre amour ya-t-il s'importuner P N'a-t-il que des États qu'il me puisse donner ? Depuis quand croyez-Tous que ma grandeur me touche? Un soupir , un regard , un mot de Yotre bouche , Voilà l'ambition d'un cœur coname le mien : Voyez-moi plus souvent, et ne me donnez rien. Tous Yos moments sont-ils dévoués à l'empire? Ce cœur après huit jours n'at-il rien à médire? Qu'un mot va rassurer mes timides écrits ! Mais parliez-Tous de moi quand je tous ai surpris ? Dans YOS secrets discours étais-je intéressée , Seigneur ? étais-je au moins présente à la pensée ?

Trros.

N'en doutez point, madame; et j'atteste les dieux Que toujours Bérénice est présente à mes yeux. L'absence ni le temps , je vous le jure encore , Ne vous peuvent ravir ce cœur qui vous adore^.

BÉRÉNICB.

Hé quoi ! vous me jurez une éternelle aideiif , Et vous me la jurez avec cette froideur ! Pourquoi même du del attester la puissance ? Faut-il par des serments vaincre ma défiance? Mon cœur ne prétend point , seigneur, vous démeiitif ; Et je vous en croirai sur un simple soupir.

TITOS.

Hadamç...

BÉRÉNICE

£h bien , seigneur ? Mais quoi ! sans me réi^ondre • Vous détournez les yeux , et semblez vous confondre ! Me m'offrirez-vous plus qu'un visage mterdit? Toujours la mort d'un père occupe votre esprit : Rien ne peut-il charmer l'ennui qui vous dévore ?

TITUS

PlAt aux dieux que mon père, hélas I vécût encore! Que je vivais heureux t

BÉRÉMGE.

Seigneur, tous ces regrets De votre piété sont de justes elTcts.

Page 1