BÉRÉNICE, TITUS, PAULIN, PHÉNICE
BénéNicE.
Ne vous offensez pas si mon zèle indiscret De votre solitude interrompt le secret.
Tandis qu'autour de moi votre cour assemblée Retentit des bienCûts dont vous m'avez comblée , Est-fl juste , seigneur, que seule en ce moment Je demeure sans voix et sans ressentiment? Mais , seigneur, (car je sais que cet ami sincère Du secret de nos cœurs connaît tout le mystère ) Votre deuil est fini , rien n*arréte vos pas , Vous êtes seul enfin , et ne me cherchez pas. J'entends que vous m'offrez un nouveau diadème , Et ne puis cependant vous entendre vous-même.
ACTIi li, SCÈNE iV. 195
Hélas ! plus de repos , seigneur, et moins d'éclat : Votre autour ne peutnil paraître qu'au sénat? Ah Titus ! (car enfin l'amour fuit la contrainte De tous ces noms que suit le respect et la crainte) De quel soin Totre amour ya-t-il s'importuner P N'a-t-il que des États qu'il me puisse donner ? Depuis quand croyez-Tous que ma grandeur me touche? Un soupir , un regard , un mot de Yotre bouche , Voilà l'ambition d'un cœur coname le mien : Voyez-moi plus souvent, et ne me donnez rien. Tous Yos moments sont-ils dévoués à l'empire? Ce cœur après huit jours n'at-il rien à médire? Qu'un mot va rassurer mes timides écrits ! Mais parliez-Tous de moi quand je tous ai surpris ? Dans YOS secrets discours étais-je intéressée , Seigneur ? étais-je au moins présente à la pensée ?
Trros.
N'en doutez point, madame; et j'atteste les dieux Que toujours Bérénice est présente à mes yeux. L'absence ni le temps , je vous le jure encore , Ne vous peuvent ravir ce cœur qui vous adore^.
BÉRÉNICB.
Hé quoi ! vous me jurez une éternelle aideiif , Et vous me la jurez avec cette froideur ! Pourquoi même du del attester la puissance ? Faut-il par des serments vaincre ma défiance? Mon cœur ne prétend point , seigneur, vous démeiitif ; Et je vous en croirai sur un simple soupir.
TITOS.
Hadamç...
BÉRÉNICE
£h bien , seigneur ? Mais quoi ! sans me réi^ondre • Vous détournez les yeux , et semblez vous confondre ! Me m'offrirez-vous plus qu'un visage mterdit? Toujours la mort d'un père occupe votre esprit : Rien ne peut-il charmer l'ennui qui vous dévore ?
TITUS
PlAt aux dieux que mon père, hélas I vécût encore! Que je vivais heureux t
BÉRÉMGE.
Seigneur, tous ces regrets De votre piété sont de justes elTcts.