BÉRÉNICE, TITUS
b^i\4nice y en sortant de son appartemeat.
Non, laissez^moi, TouscUs-je us vos conseUs me reUenneiit id; : je le voie... Ah seigneurl vous Toid ! 1 est donc vrai qae Titus m'abandonne ! us séparer ! et c'est loi qui l'ordonne !
TTTUB,
iz point , madame , wt prince maUieureux. l point ici noas attendrir tons deux.
)\e assez cruel m'agite et me déTore, e des pleurs si chère me dédiirent encore. ;z bien plutôt ce cœur qui tant de foi» de mon devoir reconnaître la yoix :
t temps. Forcez votre amour à se taire ; m œil que la gloire et la raison éclaire , oplez mon dcYoir dans toute sa rigoeorV même, contre vous fortifiez mon cœur ; \ moi , s'il se peut , à vraincre ma fàibles8e\ tnir des pleure qui m'échappent sans cesse : i nous ne pouYons commander à nos pleure, a gloire du moins soutienne nos douleure ; (6 tout l'unlTen reconnaisse sans peine Aeurs d'un empereur et les pleurs d'une reine, enfin , ma princesse , il faut nous séparer.
BÉRÉNLCB.
cruel l est-il tempe de me le déclarer?
avez-Yous fait? Hélas! je me suis crue aimée ;
plaisir de yoos Yoir mon âme accoutumée
Yit plus que pour yous : ignoriez^vous tos lois
land je yous TaYouai pour la première fois ?
quel excès d'amour m'aYez-vous amenée !
je ne me disiez-Yous : Princesse infortunée ,
Q Yas-tu l'engager, et quel est ton espoir ?
e âonne point un cœur qu'on ne peut recevoir !
ie Tavez-Yous reça , cruel , que pour le rendre,
\\mA de Yos seules mains ce cœur Youdrait dépendre?
[ont Tcmpire a vingt fois conspiré contre nous :
3f2 BÉRÉNICE.
11 était tfiDipfi encor ; que ne me quittiez-vous? Mille raisons alors consolaient ma misère : Je pouvais de ma mort accuser votre père , Le peuple y le sénat , tout Tempire romain , Tout TuniTen, plut6t qu*une si chère main. Leur haine, dès longtemps contre moi déclarée , M'avait à mon malheur dès longtemps préparée. Je n'aurais pas , seigneur, reçu ce coup cmci Dans le temps quef eqpère un bonheur immortel, Quand votre heureux amour peut tout ce qu'il d^ir.'. Lorsque Rome se tait , quand votre père expire , Lorsque tout l'uniTers fléchit à vos genoux , Enân quand je n'ai plus à redouter que vous.
TITOS.
£t c'est moi seul aussi qui pouvais me détruire. Je pouvais vivre alors et me laisser séduire ; Mon cœur se gardait bien d'aller dans l'avenir Chercher ce qui pouvait un jour nous désunir. Je voulais qu'à mes tœux rien ne fùt invincible; Je n'examinais rien , j'espérais l'impossible. Que sais-je ? j'espérais de mourir à vos yeux , Avant que d'en venir à ces cruels adieux. Les obstacles semblaient renouveler ma flamme. Tout l'empire parlait : mais la (^oire , madame , Ne s'était point encor fiait entendre à mon cœur Du ton dont elle parie au cœur d'un empereur. Je sais tous les tourments où ce dessein me livre : Je sens bien que sans vous je ne saurais (dus vivre. Que mou cœur de moi>mème est prêt à s'éloigner ; (Mais il ne s'agit plus de vivre, il faut régner.
BÉRÉNICE
\§;h bien , régnez , crud , coulentez votre gloire : Je ne dispute plus. J'attendais, pour vous croire, Que cette même bouche, après mille serments D'un amour qui devait unir tous nos moments, Cette bouche , à mes yeux s'avouant infidèle. M'ordonnât elle-même une absence étemelle. Moi-même j'ai voulu vous entendre en ce lieu. Je n'écoute plus rien z et , pour jamais , adieu...
I Pour jamais ! Ah seigneur ! souciez- vous en vous-même pombieu ce mot cruel est a(l?enx quand on aime.'
ACTEJV, SCÈNE V. 313
Dans un mois , dans un an , comment souffriron&oiouSy Seigneur, <{ue tant ds mers me séparent de tous ; Que le jour recommence et que le jour finisse Sans que jamais Titus puisse Yoir Bérénice, Sans que de tout le Jour je puisse Toir Titus? Mais quelle est mon erreur, «t que de soins perdu« ! L'ingrat , de mon départ eonsolé par avance , Daignera-t-il compter les jours de mon absence? Ces jours si longs pour moi lui sembleront trop courts.
TITUS
Je n'aurai pas , madame , à compter tant de jours : J'espère que bientôt la triste renommée Vous fera confesser que vous étiez aimée. Vous verrez que Titus n'a pu , sans expirer.. .
BÉRÉNICE
Ah seignenr ! s'il est y rai , pourquM nous séparer? Je ne tous parle point d'un heureux hyménée : Rome à ne tous plus voir m'a-t-elle condanmée? Pourquoi m'enyiez-YOus Tair que vous respirez?
TITIIS.
Hélas! vous pouvez tout , madame. Demeurez :
Je n'y résiste p(Hnt Mais je s^is maÊùblesse :
11 faudra vous combattre et vous craindre sans cesse ,
Et sans cesse veiller à retenir mes pas,
Que vers vous à toute heure entraînent vos appas.
Que dis-je? En ce m<Mnent , mon cœur , hors de lui-ménie ,
S'oublie , et se souvient seulement qu'il vous aime.
BÉRÉNICE
^h bien, seigneur, eh bien , qu'en peut-il arriver? Voyez-vous les Romains prêts à se soulever ?
TITUS
Kt qui sait de quel oui ils prendront cette injure? •^'ils parlent, si les cris succèdent au murmure, Kaudra-t-il par le sang justifier mon choix? S'ils se taisent , madame , et me vendent leurs lois , A quoi m'exposez-vous? par quelle complaisance Faudra-t-il quelque jour payer leur patience? Que n'oseront-ils point alors me demander ? Maintiendrai-je des lois que je ne puis garder?
BÉRÉNICE
^Vous ne comptez pour rien les pleurs de Bérénice.
314 IrïLRÉNICfi.
TITOS.
\ Je les compte pour rien ! Âh ciel ! quelle injustice !
BéRÉNICE.
Quoi ! pour d*in]u8tes lois que tous pouvez changer ^ Kn d'éternels chagrins Tous-mème tous plonger ! Rome a ses droits , seignear, n'avez-Tous pas les vôtres? Ses intérêts sont-ils plus sacrés que les nôtres? Dites , parlez.