‹ Théâtre complet de J. RacineChapitre 259 sur 716 · TUS · texte numérisé non relu

TUS

Hélas ! que vous me déchirez!

BÉRÉNICE

yous êtes empereur , seigneur , et vous pleurez !

TITUS

Oui , madame , il est vrai , je pleure , je soupire » jje frémis. Mais enfin , quand J'ace^tai l'empire , /R<Mne me fit jurer de maintenir ses droits. 11 les faut maintenir. Déjà plus d'une fois Rome a de mes pareils eurcé la oonstance. Ah ! si vous remontiez jusques à sa naissance , Vous les Terriez toujours à ses ordres soumis : L'un , jaloux de sa foi , va chez les ennemis Chercher , avec la mort , la pdne toute prête ; D'un fils victorieux l'autre proscrit la tète; L'autre , avec des yeux secs et presque indifférents^ Voit mourir ses deux fils par son ordre expirants. Malheureux ! Mais toujours la patrie et la ^ire Ont parmi les Romains remporté la victoire. Je sais qu'en vous quittant le malheureux Titus Passe l'austérité de toutes leurs vertus ; Qu'elle n'approche point de cet effort insigne : .Mais, madame, après tout, me croyez- vous indigne , De laisser un exemple à la postérité , : Qui sans de grands efforts ne puisse être innté ?

BÉRÉNICE

|Non , je crois tout iacile à votre barbarie : \ie vous crois digne, ingrat! de m'arracher la vjc. De tous vos sentiments mon cœur est éclairci. Je ne vous parie plus de me laisser ici : Qui ? moi , j'aurais voulu , honteuse et méprisée , D'un peuple qui me hait soutenir la risée ? j*ai voulu vous pousser jusques à ce refus.

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