‹ Théâtre complet de J. RacineChapitre 269 sur 716 · TITUS, BÉRÉNICE · texte numérisé non relu

TITUS, BÉRÉNICE

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Madame , il faut vous faire un aveu véritable. Lorsque j'enYisageai le moment redoutable Où , pressé par les lois d*uu austère devoir. Il fallait pour jamais renoncer à vous voir ; Quand de ee triste adieu je prévis les approches , Mes craintes , mes combats , vos larmes , vos reproches » Je préparai mon Ame à toutes les douleurs Que peut faire sentir le plus grand des malheurs : Mais , quoi que je craignisse , il faut que je le die , Je n'en avais prévu que la moindre partie; Je croyais ma vertu moins prftte à succomber, ïùi j'ai honte du trouble où je la vols tomber. J'ai vu devant mes yeux Rome entière assemblé^^; Le sénat m'a parlé : mais mon âme accablée Écoutait sans entendre , et ne leur a laissé , Pour prix de leurs transports, qu'un silence glacé. Rome de votre sort est encore incertaine : Moi«roème à tous moments je me souviens à peine Si je suis empereur, ou si je suis Romain. Je suis venu vers vous sans savoir mon dessein : Mon amour m'entraînait, et je venais peut-<ètre Pour me chercher moi-même , et pour me reconnaître. Qu'ai-je trouvé? Je vois la mort peinte en vos yeux ; Je vois pour la chercher que vous quittez ces lieux. C'en est trop. Ma douleur, à cette triste vue, A son dernier excès est enfin parvenue : Je ressens tous les maux que je puis ressentir. Mais je vois le chemin par ou j'en puis sortir. Ne vous attendez point que , las de tant d'alarmes. Par un heureux hymen je tarisse vos larmes : En quelque extrémité que vous m'ayez réduit , Ma gloire inexorable à toute heure me suit ; Sans cesse elle présente à mon âme étonnée L'empire incompatible avec votre byménée, . Me dit qu'après l'éclat et les pas que j'ai faits Je dois vous épouser encor moins que jamais.

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