‹ Théâtre complet de J. RacineChapitre 276 sur 716 · ACTE 1, SCÈNE f · texte numérisé non relu

ACTE 1, SCÈNE f

tont sanglant , le plaisir et la gloire ! aux jeunes cœiirs la première victo'rre. ;ré ses soupçons , le cruel Annirat , m fils naissant eût rassuré l'État»

rifier ce fr^ à sa vengeance ,

ottoman proscrire Tespérance.

pour im temps Amnrat désarmé s le séraO Bajazet enfermé.

i voulut que , fidèle à sa haine , s de son frère arbitre souveraine , 1 moindre bniit, et sans autres raiseua, fier à ses moindres soupçons, demeuré seul , mie juste colère ntôt mes vœux du côté de son ft^re.

la sultane , et , cachant mon dessein ; li d*Amurat le retour incertain , ires du camp , la fortune des armes :

Bajazet; je lui vantai ses charmes , 1 soin jaloux dans Tombre retenus, le ses yeux , leur étaient inconnus, i-je enfin? la sultane éperdue d'autre désir que celui de sa vue*

OSSIlIf.

ient-ils tromper tant de jaloux regards nt mettre entre eux d'invincibles remparts?

ACOUAT.

te souvient qu'un récit peu fidèle d'Amurat fit courir la nouvelle, à ce bruit feignant de s'effrayer, ; douloureux eut soin de l'appuyer.

3 ses pleurs ses esclaves tremblèrent ; X Bajazet les gardes se troublèrent ; i achevant d'ébranler leur devoir, fs dans ce trouble osèrent s'entrevoir, le prince ; elle ne put lui taire t elle seule était dépositaire, aimable ; il vit que son salut le lui plaire; et bientôt il lui phjt. rait pour lui : ses soins , sa comptaisanci' , icouvert , et celte intelligence , itant plus doux qu'il les fallait celer»

L'embarras irritant de ne s'oser parler, Même témérité , péril , craintes comuiuiuis ^ Lièrent pour jamais leurs cœurs et leurs fortunes. Ceux mêmes dont les yeux le devaient édaiivr. Sortis de leur devoir, n'osèrent y rentrer.

OSVUf.

Quoi ! Boxane d'abord leur découvrant son Aiite Osa-t-elle à leurs yeux faire éclater sa flamnieP

ACOMAT

Ils l'ignorent encore; et Jusques à ce jour ; Atalîde a prêté son nom à cet amour. Du père d'Amurat Atalide est la nièce ; Et même, avec ses fils partageant sa tendresse , Elle a vu son enfance élevée avec eux. Du prince , en apparence , elle reçoit tes vœux ; Mais elle les reçoit pour les rendre à Roxane , Et veut bien , sous son nom , qu'il aime la sultan^;. Cependant , cher Osmin , pour s'appuyer de moi , L'un et l'autre ont promis Atalide à ma foi.

OSMIN

Quoi ! vous l'aimez , seigneur !

AGOMAT.

Voudrais-tu qu'à muu ùge Je Osse de l'amour le vil apprentissage? Qu'un cœur qu'ont endurci la fatigue et les ans Suivit d'un vain plaisir les conseils imprudents ? C'est par d'autres attraits qu'elle plaît à nua vue : J'aime en elle le sang dont elle est descendue. Par elle Bajazet, en m'approchant de lui , Me va contre lui-même assurer un appui. Un vizir aux sultans fait toujours quelque ombrage ; A peine ils l'ont choisi, qu'ils craignent leur ouvrage : Sa dépouille est un bien qu'ils veulent recueillir, Et jamais leurs chagrins ne nous laissent vieillir. Bajazet aujourd'hui m'honore et me caresse ; Ses périls tous tes jours éveillent sa tendresse. Ce même B<gazet, sur le trône affermi, Méconnaîtra peut-être un inutile ami.

Et moi , si mon devoir, si ma foi ne l'arrête , S'il ose quelque jour me demander ma tête... Je ne m'explique point, Osmin ; mais je prélenda

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