‹ Théâtre complet de J. RacineChapitre 308 sur 716 · ACOMAT, OSMIN · texte numérisé non relu

ACOMAT, OSMIN

ACOMAT

Demeure. 11 n'est pas temps , cher Osniin , que je sorto.

Quoi ! jusque-là , s^gneur , votre amour vous transporte? I<raTez-yous pas poussé la Ycnge^mce assez kûn? Voulez-Tous de sa mort être enoor le témoin ?

ACOMAT

Que vetix-tu dire? £s-tu toi-mAme si crédule Que de me soupçonner d*un courroux ridieule? Moi , Jaloux? Plût an dd qu'en me manquant de foi L'imprudent Bigazet n*eût offensé que moi !

OSMIN

Et pourquoi donc , sdgneur , au Heu de le défendre...

ACOMAT

Eh ! la sultane est-elle en état de m*entendre? Ne Toyais^u pas bien , quand je l'allais trouTer , Que j'allais avec lui me perdre , ou me sauverf Ah I de tant de conseils événement sinistre ! Prince aveugle ! Ou plutôt trop aveugle ministre. Il te sied bien d'avoir en de si jeunes mains , Chargé d'ans et d'honneurs, confié tes desseins , Et laissé d'un vizir la fortune flottante Suivre de ces amants la conduite imprudente !

OSHIN.

Hé 1 laissez-les entre eux exercer leur courroux : Bigazet veut périr ; sdgneur, songez à vous., Qui peut do vos desseins révéler le mystère , Sinon qudques amis engagés à se taire?

Vous verrez par sa mort le sultan adoud.

ACOMAT

Roxane en sa fureur peut raisonner ainsi :

Mais moi qui vois plus loin ; qui , par un long usage ,

Des maximes du trône ai &it l'apprentissage ;

Qui , d'emplois en emplois , vieilli sous trois sultans ,

Ai vu de mes pardis les malheurs éclatants ;

Je sais , sans me flatter, que de sa seule audace

Un homme td que mm ddt attendre sa grftce ,

Et qu'une mort sanglante est l'unique traité

Qui reste entre l'esclave et le maître irrité.

OSMIN

Fuyez donc.

ACOMAT

J'approuvais tantôt cette pensée.

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