ACTE 1, SCÈNE UL
Je pskTiis pour Tliymen où j'étais destinée.
Le roi , qui m'attendait au sein de ses États ,
Vit emporter ailleiira ses desseins et ses pas ,
E t y tandis que la guerre occupait son courage ,
M'envoya dans ces lieux éloignés de l'orage.
J'y vins : j'y suis encor. Mais cependant, seigneur.
Mon père paya cher ce dangereux honneur;
Et les Romains vainqueurs , pour première victime ,
Prirent Philopcemen , le père de Monime.
Sous ce titre funeste il se vif inunoler :
Et c'est de quoi , seigneur, j'ai voulu vous parler.
Qadque juste fureur dont je s<tts animéff ,
Je ne puis point à Rome opposer unearmée;
Inutile témoin de tous ses attentats ,
Je n'ai pour me venger ni sceptre ni soldats :
Enfin , je n'ai qu'un ceeur. Tout ce que je puis faire ,
C*est de garder la foi que je dois à mon père.
De ne point dans son sang aller tremper mes mains.
En épousant en vous Pallié dm Romains.
MURIIACB.
Que pariez-vous de Rome et de son alliance? PourqiHH tout ce discours et cette défiance? Qui TOUS dit qu'avec eux je prétends m'allier ?
• MONIME
Mais yous-mème , seigneur, pouvez-vous le nier? Couunent m'ofTririez-vous l'entrée et la couronne D'un pays que partout leur armée environne , Si le traité secret qui vous lie aux Romains Ne vous en assundt Tempire et les chemin&P
PHAElfàCB.
De mes intentions je pourrais vous instruire. Et je sais les raisons que j'aurais à vous dire , Si , laissant en effet les vains déguisements , Vous m'aviez expliqué vos secrets sentiments. Mais eufin je commence , après tant de traverse» , * Madame , à rassembler vos excuses diverses ; Je crois voir l'intérêt que vous voulez celer, Et qu'un autre qu'un père id vous fait parier.
xipnARte.
Quel que soit l'intérêt qui fait parier la reine, La ré|ionse , seigneur, doit-elle être incertaine ?
306 MltURIDATe*
fit contre les Romaios votre ressentîmeol
l)uU-il pour éclater balancer an rnooMat ?
Quoi ! nous aurons d'an père entendu ladisgrActJi
Et , lents à le venger, prompts à remplir aa place.
Nous mettrons notre honneur et sou sang en oubli !
Jl est mort : savons-nous s'il est enseveli?
Qui sait si , dans le temps que votre ftme empressée
Forme d'un doux hymen l'agréable j^sée.
Ce roi , que l'Orient tout plein de ses exploits
Peut nonmier justement le dernier de ses rob ,
Dans ses propres États privé de sépulture ,
Ou couché sans honneur dans uie foule obscure ,
N'aocnse point le dd qui le laisse outrager,
Et deux indignes fils qui n'osent le venger?
Ah ! ne languissons plus dans on coin du Bospliore ;
Si dans tout l'miivers qadqne roi libre encore,
Parthe , scythe , ou sannate , aime sa liberté ,
Voilà nos alliés ; marchons de ce c6té.
Vivons , on périssons dignes de Mithridate;
et songeons bien plutôt, qudque amour qui nous flatte,
A défendre du joug et nous et nos États »
Qu'à contraindre des cœurs qui ne se donnent pa&«
PHARNàCB.
Il sait vos sentiments. Me trompais-je , madame? Voilà cet intérêt si puissant sur votre Anie, Ce père , ces Romains que vous me reprochez.
XIPHARÈS
J'ignore de son casur les sentiments cachés;
Mais je m'y soumettrais sans vouloir rien prétendre.
Si comme vous , seignmir, je croyais les entendre.
^PBABMACB.
Vous feriez bien ; et moi , je fois ce que Je doi. Votre exemple n'est pas une r^e pour moi.
XlPSAltàS. .
Toutefois en ces lieux je ne connais personne Qui ne ddve imiter l'exemple que je donne.
PUARMACB.
' Vous pourriez à Colchos vous expliquer aiuji.
XWHARÈS.
Je le puis à Colchos , et je le puis id.
PHARNAGB.
Ici vous y pourriez rencontrer votre perte.
ACT£ 1. SCÈKE V. 397