ACTE TROISIÈME
MITHRÏDATE, PHARNACE, XIPHARÈS.
MITHRinATE.
Approchez , mes enfents. Enfin l'heure est venue Qu'A faut que mon secret éclate à votre vue : A mes nobles projets je vois tout conspirer ; Il ne me reste pins qu'à vous les déclarer.
Je fuis : ainsi le veut la fortune ennemie. Mais vous savez trop bien l'histoire de ma vie Pour croire que longtemps , soigneux de me cacher. J'attende en ces déserts qu'on me vienne chercher. La guerre a ses fiiveurs , ainsi que ses disgrâces : Déjà plus d'une fois , retournant sur mes traces , Tandis que l'ennemi , par ma fuite trompé , Tenait après son char un vain peuple occupé , Et , gravant en airain ses frêles avantages , De mes États conquis enchaînait les images , Le Bosphore m'a vu , par de nouveaux apprêts , Ramener la terreur du fond de ses marais , Et , chassant les Romams de l'Asie étonnée , Renverser en un jour l'ouvrage d'une année. D'autres temps , d'autres soins. L'Orient acc^iiilé Ne peut plus soutenir leur effort redoublé : Il voit plus que jamais ses campagnes couvertes De Romahisqne la guerre enrichit de nos perto&.