‹ Théâtre complet de J. RacineChapitre 338 sur 716 · XI PO ARES · texte numérisé non relu

XI PO ARES

Quelle marque, grands dieux, d'un amour déplorable I

Combien , en un moment , heureux et misérable I De quel comble de gloire et de félicités Daus quel abtme affreux vous me précipitez ! Quoi I j'aurai pu loucher un cœur comme le vôtre ; Vous aurez pu m'aimer ; et cependant un autre Possédera ce cœur dont j'attirais les vœux 1 Père injuste , crud , mais d'ailleurs malheureux !... Vous voulez que je Aiie et qiie je voi|s évite ; Et cqf>endant le roi m'attache à votre suite. Quedira-t-il?

MONIME

N'importe ^ il me faut obéir.

Inventez des raisons qui puiss^t réblouir. D'un héros td que Vous c'est là l'effort suprême : Cherchez , prince , cherchez , pour vous traliir vous-mômo, Tout ce que , pour jouir de leurs contentements , L'amour fait inventer aux vulgaires amants. Enfin , je me connais , il y va de ma vie : De mes faibles efforts ma vertu se défie. Je sais qu'en vous voyant un tendre souvenir Peut m'arracfaerdu cœur quelque indigne soupir ; Que je verrai mon âme , en secret déchirée , Revoler vers le bien dont elle est séparée : Mais je sais bien aussi que, s'il dépend de vous De me faire chérir un souvenir si doux , Vous n'empêcherez pas que ma gloire offensée N'en punisse aussitôt la coupable pensée , Que ma main dans mon cœur ne vous aille chercher Pour y laver ma honte et vous en arracher. Que dis-je? en ce moment , le dernier qui nous reste. Je me sens arrêter par un plaisir funeste : Plus je vous parle , et phis , trop faible que je suis , Je cberche à prolonger le péril que je fuis. Tlfaut pourtant, il faut se faire violence; Et , sans perdre eu adieux un reste de constance , Je fuis. Souvenez-vous, prince, dem'éviter; Et méritez tes pleurs que vous m'allez coûter.

*tO MITHRÏDATE.

. XIPIIARÈS.

Ail madame!... Elle fuit, et ne veut plus m'eateiuire. Malheureux Xipharès , quel parti dois-tu prendre? On t*aime; on te bannit : toi-même ta vois bien Que ton propre deTdr s'ûcoorde avec le sien. Cours par un prompt trépas abréger ton supplice. Toutefois attendons que son sort s'édairdsse ; Et s'il &ut qifnn rival la ravisse à ma foi , Du moins en expirant ne la cédons qu'au roi.

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