‹ Théâtre complet de J. RacineChapitre 403 sur 716 · ACTE 111, SCÈNE I!. 35h · texte numérisé non relu

ACTE 111, SCÈNE I!. 35h

Elle m'a déclaré sa Tolonté dernière

Et , tandis qu'elle montre au peuple épouvanié

Du prophète dmn Tétendard redouté ,

Qu'à marcher sur mes pas Bajazet se dispose .

Je vais de ce signal faire entendre la cause ,

Remplir tous les esprits d'une juste terreur ,

Et proclamer enfin le nouvel empereur.

Cependant permettez que je tous renouvelle Le souvenir du prix qu'on promit à mon zèle. N'attendez point de moi ces doux emportements , Tels que j'en vois paraître au coeur de ces amants : Mais si , par d'antres soins phis dignes de mou âge ,. Par de profonds respects , par un long esclavage , Tels que nous le devons au sang de nos sultans , Je puis...

ATAUDE.

Vous m'en pourrez instruire avec le tcni|»s Avec le temps aussi vous pourrez me connaître. Mais quels sont ces transports qu'ils vous ont fait paraître ?

ACOMAT

Maôamt , doutez- vous des soupirs enflammés De deux jeunes amants l'un de l'autre charmes.^

ATAUDE.

Non ; mais , à dire vrai , ce miracle m'étonne. Et dit-on à quel prix Roxane lui pardonne P L'épouse-t-il enfin?

ACOHAT.

Madame, jelecroi.

Voici tout ce qui vient d'arriver devant moi.

Surpris , je l'avouerai , de leur fureur commune , Querellant les amants , l'amour et la fortune , J'étais de ce palais sorti désespéré.

Déjà , sur tm vaisseau dans le port préparé CtKirgeant de mon débris les reliques plus cltères» Je méditais ma fuite aux terres étrangères. Dans ce triste dessein au palais rappelé , Plein de joie et d'espoir, j'ai couru , j'ai volé. La porte du sérail à ma voix s'est ouverte , Et d'abord une esclave à mes yeux s'est offerte. Qui m'a conduit sans bruit dans un appartemeut Où Roxane attentive écoutait son amant.

Tout gardait devant eux un auguste silence : Moi-même, résistant à mon impatience.

Et respectant de loin leur secret entretien. J'ai longtemps , immobile , observé leur maintien. Enfin y avec des yeux qui découvraient son âme , L'une a tendu la main pour gage de sa flanmie ; L'autre, avec des regards éloquents , pleins d'amour, L'a de ses feux , madame, assurée à son tour.

ATAUUE.

Hélas !

ACOHAT.

Ils m*ont alors aperçu l'un et l'autre. Voflà , m'a-t-èlle dit , votre prince et le nôtre : Je vais , brave Acomat , le remettre en vos m Jus . Allez lui préparer les bonneurs souverains : Qu'un peuple obâssant l'attende dans le temple; Le sérail va bientôt vous en donner l'exemple. Aux pieds de Bajazet alors je suis tombé , Et soudain à leurs yeux je me suis dérobé : Trop beureux d'avoir pu , par un récit fidèle , De leur paix , en passant , vous conter la nouvelle , Et m'acquitter vers vous de mes respects profonds I Je vais le couronner, madame, et j'en réponds.

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