‹ Théâtre complet de J. RacineChapitre 402 sur 716 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

ATALIDE, ZAÏRE

ATALIDB.

Zaïre » fl* est donc Trai sa gr&ee est pronoacée ?

ZAÏRE

Je yoMA l'ai dit, madame : une esdave empressée. Qui courait de Roxane accomplir ledésir. Aux portes du séraU a reçu le vizir.

Ils ne m'ont point parlé; mais» mieux qu^aucuu langage. Le transport du Yizir marquait sur son visage Qu'un henrenx changement le rappelle au palais , Et qu'A y vient signer une étemdle paix. Roxane a pris , sans doute » une {dus douce voie.

ATÀUOE.

Ainsi , de toutes parts» les plaisirs et la joie M'a][>andonnent » Zaïre, et marchent sur leurs pas. J'ai fait ce que j*ai dû ; je ne m'en repeos pas.

ZAÏRE

Quoi, madame! quelle est cette nouvelle alarme?

ATAUDE.

Et ne t'a-t-on point dit » Zaïre , par quel charme , Ou , pour mieux dire enfin , par quel engagement Bajazet a pu faire un si prompt changement? Roxane en sa fureur paraissait inflexible ; À-t-eUe de son cœur quelque gage infaillible? Parle. L'épouse-t-il?

ZAÏRE

Je n'en ai rien appns.

Mais enfin s'il n'a pu se sauver qn'àce prix ; S'il lait ce que vous-même avez su lui prescrire ; S'a l'épouse , en un mot..

ATALIDE

s'il l'épouse . Zaïre !

ZAÏRE

Qaoil vous repentez-vous des généreux discours

154 BAJAZCT.

Que TOUS dictait le soin de conserver ses joar»?

ATALIDE

Non , non ; il ne fera que ce qu'il a dû faire. Sentiments trop jaloux , c'est à vous de vou? taire : Si Bajazet l'épouse , il suit mes volontés ; Respectez ma vertu qui vous a surmontés ; A ses nobles conseils ne mêlez poipt le vôtre ; Et , loin de me le peindre entre les bras d'une autre , Laissez-moi , sans regret , me le représenter • Au trône où mon amour l'a forcé de monter. Oui , je me reconnais , je suis toujours la même. Je voulais qu'il m'aimAt , chère Zaïre ; il m'aime : Et du moins cet espoir me console aujourd'hui Que je vais mourir digne et contente de lui.

lAIAE.

Mourir! Quoi! vous auriez un dessdn si fimesle?

ATALmE.

J'ai cédé mon amant ; tu t'étonnes du reste ? Peux-tu compter, Zaïre, au nombre des mallieurs Une mort qui prévient et finit tant de pleurs? Qu'il vive , c'est assez. Je l'ai voulu , sans doute ; Et je le veux toujours, quelque prix qu'il m'en coûte s Je n'examine point ma joie ou mon ennui ; J'aime assez mon amant pour renoncer à lui. Mais , hélas ! il peut bien penser avec justice Que , si j'ai pu lui faire un si grand sacrifice , Ce cœur, qui de ses jours prend ce funeste soin , L'aime trop pour vouloir en être le téâioin. Allons , je veux savoir. ..

ZAÏRE

Modérez- vous , de grâce :

On vient vous informer de tout ce qui se passe. C'est le vizir.

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