ACTE 111, SCÈMii: 1. 4r
Achevez cet hymen; et , repassant TEupliraf c , Faites voir à l'ÀBie an autre Mitbridate. Que nos tyrans communs en pâlissent d'effroi ; Et que le bruit à Rome en vienne jusqu'à moi.
PHARNACE
Seigneur, je ne tous puis déguiser ma siu*prise. J *écoute avec transport cette grande entrq[)rise ; .le Tadmire; et jamais un plus hardi dessein Ne mit à des vaincus les armes à la main : Surtout j^'admire en tous ce cœur infatigable Qui semble s'afTermir sous le faix qui Faccablé. Mais , â J'ose parler avec sincérité , En étes-vous réduit à cette extrémité?
Pourquoi tenter si loin des courses inutiles. Quand vos États encor vous offrent tant d'asiles? £t vouloir affronter des travaux infinis, Dignes plutôt d'un chef de malheureux bannis , Que d'un roi qui naguère avec quelque apparence De l'aurore au couchant portait son espérance , Fondait sur trente États son trône florissant , Dont le débris est même un empire puissant? Vous seul , seigneur, tous seul , après quarante années , Pouvez encor lutter contre les destinées. Implacable ennemi de Rome et du repos , Comptez- vous vos soldats pour autant de héros ? Pensez-vous que ces cœurs , tremblants de leur défaite , Fatigués d'une longue et pénible retraite , Cherchent avidement sous un ciel étranger La mort , et le travail pire que le danger? Vainens plus d'une fois aux yeux de la patrie, Soutiendront-ils ailleurs un vainqueur en furie? Sera-t-il moins terrible, et le Taincront-ils mieux , Dans le sein de sa Tille , à l'aspect de ses dieux?
Le Parthe tous recherche , et tous demande un gciHire. Mais ce Parthe , seigneur, ardent à nous défendre Lorsque tout l'univers semblait nous protéger. D'un gendre sans appui Toudra-t-il se charger ? M*en irai-]e , moi seul , rebut de la fortune , Essuyer l'inconstance au Parthe si commune , Et peut-être , pour fruit d'un téméraire amour, Exposer votre nom au mépris de sa cour?
AC'IL m, SCÈNE i. 413
Trop heureux d'avancer la fin de ma misère , J'irai. . . J'effacerai le crime de ma mère : Seignenry tous m*en Toyez rougir à yos genoux ; J'ai honte de me Toir si peu digne de tous ; Tou^ mon sang doit laver une tache si noire. Biais je cherche un trépas utile à votre gloire ; Et Rome y unique objet d'un désespoir si beau , l>u fils de Mithridata est le digne tombeau.
MrrHRlDATEy M levant.
Mon fils , ne parlons plus d'une mère infidèle. Votre pèâre est content, il connaît votre zèle , Et ne vous verra point affronter de danger Qu'avec vous son amour ne veuille partager : Vous me suivrez ; je veux que rien ne nous sépare.
Et vous , à m'obéir, prince , qu'on se prépare ; Les vaisseaux sont tout prêts : j'ai moi-même ordonné La'suite et TapparoU qui vous est destiné. Arbate , k cet hymen chargé de vous conduire , De votre obéissance aura soin de m'instruire. Allez ; et , soutenant l'honneur de vos sueux , Dans cet embrassemcnt recevez mes adieux.
PHARNACE
Seigneur...
■ITHRmATE.
Ma volonté, prince , vous doit suffin;.
Obéissez. C'est trop vous le fiùre redire.
PHARNAOB.
Seigneiu*, si , pour voo» plaire , il ne faut que périr, IMus ardent qu'aucun autre on m'y verra courir : Combattant à vos yeux permettez que je meure.
WTHRmATB.
Je vous ai commandé de partir tout à l'heure. Mais après ce moment... Prince , vous m'entendez , Et vous êtes perdu si vous me répondez.
PHARNACE
Dnssiez-vous présenter mille morts à ma vue , Je ne saurais chercher lue fille inconnue. Ma vie est en vos mains.
MITHRIDATE
Ah ! c'est où je t'atteiKi:^.
Tu ne saurais partir , perfiile ! et je t'entends.
416 MITHKIDATE.
Je sais pourquoi lu Cuîa l'hymen où je t'enToie :
Il te filiche eu ces lieux d'abando&ner ta proie ;
Moiûme te retient; ton amouf criminel
Prétendait l'arracher à Thymen paternel.
Ni Tardenr dont ta sais que je l'ai recherchée,
Ni déjà sur son front ma couronne attachée.
Ni cet asile même où je la fais garder,
M mon juste courroux , n'ont pu ffmtimider.
Traître ! pour les Romains tes lAches complaisances
N'étaient pas à mes yeux d'assez noires ofTenses;
II te manquait encor ces perfides amours,
Pour être le supplice et l'horreur de mes jours.
Loin de f en repentir, je vois sur ton ^ isage
Que ta confusion ne part que de ta rage :
Il te tarde déjà qu'échappé de mes mains
Tu ne coures me perdre , et me vendre aux Roniaim.
Mais , avant que partir, je me ferai justice :
Je te l'ai dit. Holà, gardes I