‹ Théâtre complet de J. RacineChapitre 513 sur 716 · ACTE IV, SCÈNE I. *i · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE I. *i

Et qui y si Ton nous foit un fidèle discours ,

Suça même le sang des Uons et des ours ,

Pour efle de la crainte a fait l'apprentissage :

Elle l'a vu pleurer et changer de visage.

Et tu la pbdns , Doris ! Par combien de malheurs

Ne lui voudrais-jc point disputer de tels pleurs!

Quand je devrais comme elle expirer dans une heure.^

Mais que di&je , expirer ! ne crois pas qu'elle meure.

Dans un !&che sommeil crois-tu qu'enseveli

Achille aura pour eHe impunément pftii ?

Achille à son malheur saura bien mettre obstacle.

Tu verras que les dieux n'ont dieté cet oracle

Que pour croître h la fois sa gloire et mon tourment ,

Et la rendre plus belle aux yeux de son amant.

Hé quoi t ne vois-tu pas tout ce qu'où fait pour elle ?

On supprime des dieux la sentence mortelle;

Et y quoique le bâcher soit déjà préparé ,

Le nom de la victime est encore ignoré :

Tout le camp n'en sait rien. Doris, à ce silence »

Ne recmmais-tu pas un i>ère qui balance ?

Et que fera-t-il donc? Quel courage endurci

Soutiendrait les assauts qu*on lui prépare ici :

Une mère en fureur, les larmes d'une fille.

Les cris , le désespoir de toute une famille ,

Le sang à ces objets fa^cile à s'ébranler ,

Achille menaçant , tout prêt à l'accabler ?

Non , te dis-je , les dieux l'ont en vain condanméc :

Je suis et je serai la seule infortunée.

Ah ! si je m'en croyais !...

noRis.

Quoi ? que méditez-vous^

ÉRIPHILB.

Je ne sais qui m'arrête et retient mon courroux , Que , par un prompt avis de tout ce qui se passe , Je ne coure des dieux divulguer la menace, Et publier partout les complots criminels Qu'on fait ici contre eux et contre leurs autels.

DORIS

Ah I quel dessein , madame !

éRipniLE.

Ah Doris! quelle joie!

478 IHilGÉNIE.

Que d*eiiceiis brûlerait dans les temples de Troie, Si , f foid)iaiit tous les Grecs et Tengeant ma prison , Je pouvais contre Achille armer Âgamemnon , Si leur haine , de Troie oubliant la querelle , Tournait contre eux le fer qn^Os aiguisent contre die , Et si de tout le camp mesavis dangereux Faisaient à ma patrie un sacrifice heureux !

DORIS

J'entends du bruit On Tient : Clytemnestre s'ayance. Remettez-Tous , madame ; ou fuyez sa présence.

âurmuE. Rentrons. Et , pour troubler un hymen odieux , Consultons des foreurs qu'autorisent les dieux.

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