‹ Théâtre complet de J. RacineChapitre 538 sur 716 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

HIPPOLYTE, THÉRAMÈNE

niPPOLYTE.

Le dessein eu est pris , je pars , ctier Tiiéramènc , £t quitte le séjour de Taimable Trézène. Dans le doute mortel dont je suis agité , Je eommence à rougir de mon oisiveté; - ^^ ^ Depuis plus de six mois âoigné de mou père ^ u J'ignore le destin d'une tète si chère, JMgnore jusqu'aux lieux qui le peuvent cacher.

THÉRAMÈNE

Et dans quels lieux , seigneur, Tallez-vous donc chercher?

Déjà , pour satisfaire à votre juste crainte ,

J'ai couru les deux mers que sépare Corindie;

J'ai demandé Thésée aux peuples de ces bords

Où Ton voit l'Ac^éron se perdre chez les morts;

J'ai visité l'ÉIide, et, laissant le Ténare,

Passé jtisqu'à la mer qui vit tomber Icare.

Sar quel espoir nouveau , dans quels heureux cUmats

Croyez- vous découvrir la trace de ses pas?

Qui sait même , qui sait si le roi votre père

Veut que de son alMence on saclie le mystère ?

£t si , lorsqu'avec vous nous tremblons pour ses jours ,

Tranquille , et nous cachant de nouvelles lonours ,

Ce héros n'attend pomt qu'une amante abusée...

HIPPOLYTE

Cher Théramène, arrête; et respecte Thésée. . ^ y De ses jeunes erreurs désormais revAiu » ^^^ ,.. > .. '^ \ Par un indigne obstacle il n'ai point retenu ; ' ^

, ' Et, fixant de ses vœux l'inconstance fatale , j

\ Phèdre depuis longtemps ne craint plus de rivale. / ^^sfifin , en le chotshant je suivrai mon devoir^ • -"^ Et je fuirai ces lieux , que je n'ose plus voir.

Hé ! dqimis quand, seigneur, craignes-vous la présence .

De ces paisibles lieux si chers à votre enfance ,

Et dont je vous ai vu préférer le s^our

Au tumulte pompeux d'Athène et de la cour?

Quel péril , on plutôt qud chagrin vous en chasse?

^IPPOLYTB.

Cet heureux temps n'est {dus. Tout a changé de face , Depuis que sur ces borda les dieux ont envoyé jn^^^ La fille de Afinos et de Paîàiphaé.

THÉRAMÈNC.

J'entends : de vos douleurs la cause m^est connue. Phèdre Uà vous chagrine , et blesse votre vue. Dangereuse mar&tre,. à peine die vous vit, »

Que votre exil d'abord sign^^a son crécBt.X •v/^' lMais sa haine, sur vous autrefois attachi^ Ou s'est évanouie, ou s'est bien relâchée. Et d'ailleurs quels périls vous peut fàti'e counV . Une femme mourante , et qui cherètre à mourir ? Phèdreatteinte d^un mal qu'elle s'obstine à taire , Lasse enfin d'elle-même et du jour qui Téclaire , Peut-elle contre vous former quelques desseins?

HIPPOLYTE

Sa vaine inimitié n'est pas ce que je crains. Hippotyte en partant fuit une autre ennenuc ; Je fuis , je l'avouerai , cette Jeune Aricie ,

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