ACTE II, SCÈNE I
Six frères; quel espoir d'une illustre maison! Le fer moissonna tout , et la terre humectée But à regret le sang des neveux d*£rechtliée. Tu sais depuis leur mort quelle sévère toi Défend à tous les Grecs de soupirer pour moi / On craint que de la sœur les flanog^ téméraire 7 rjîe raniment un jour la cendre de ses frères. "" Mais tu sais bien aussi de quel oeil dédaigneux Je regardais ce soin d'un vainqueur soupçonneux. Tu sais que , de tout temps à Tamour opposée ^ Je rendais souvent gràeeà Tinjuste Thésiée , Dont rheureuse rigueur secondait mes mépris Mes yeux 'alors, mes yeux n'avaient pas vu son Ul.s. Non que , par les yeux seuls lâchement enchantée, J'aime en lui sa beauté , sa grâce tant vantée , Présents dont la nature a voulu l'honorer. Qu'il méprise lui-même , et qu'il semble ignorer : J'aime , je prise en lui de plus nobles richesses , Les vertus de son père , et non point les faiblesses : J'aime , je l'avouerai, cet orgueil généreux Qui jamais n'a fléchi sous le Joug amoureux. Phèdre en vain s'honorait des soupirs de Tliésée : Pour moi, je suis plus fière, et fuis la gloire aisée D'arracher un hommage à mille autres offert , Et d'entrer dans un cœur de toutes parts ouvert. Mais de faire fléchir un courage inflexible , De porter la douleur dans une âme insensible , D'enchaîner un captif de ses fers étonné , Contre un joug qui lui plaît vainement mutiné ; C'est là ce que je veux , c'est là ce qui m'irrite. lHiîrcule à désarmer coûtait moins qu'Hippoly te , Et^ vaincu plus souvent, et {dus tôt surmonté. Préparait moms de gloire aux yeux qui l'ont dompté. Mais , chère Isméne , hélas! quelle est mon imprudence- ! Orv ne m'opposera que trop de résistance : Tu m'entendras peut-être, humble dans mon ennui , Gémir du même orgueil que j'admire aujourd'hui. Hippolyte aimerait ! Pdr quel bonlieur extrême )
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Aurais-jepu fléchir...
Il vient à vous.
ISMENE
Vous rentendrez lui-même.