ACTE III, SCfcNIi IV. 5Î
PHÈimE.
Je le Tois comme un monstre effroyable à mes yeux.
Pourquoi donc lui céder une Tictoire entière! Vous le craignez; osez Faccuser la première Du crime dont il peut vous charger aujourd'hui. Qui Yoin démentira.' Tout parle contre lui : Son épée en tos mains heureusement laissée , Votre trouble présent , Totre douleur passée , Son père par vos cris dès longtemps prévenu , Et déjà son eiûl par Tous-mème obtenu.
Moi y que j'ose opprimer et noircir l'innocence !
OENONE
Mou zèle n'a besom que de votre silence. Tremblante comme vous, j'en sens quelques remonls : Vous me verriez plus prompte allh>nter mille morts. Mais y puisque je vous perds sans ce triste remède. Votre vie est pour moi d'un prix à qui tout cède T Je parlerai, lliésée , aigri par mes avis , j
Bornera sa vengeance à l'exil de son fils. Un père, en punissant, madame , est toujours père ; Un supplice léger sufiit à sa colère.
Mais , le sang innocent dût-il être versé , Que ne demande point votre honneur menacé.^ Cest un trésor trop cher pour oser le commcltre. Quelque loi qu'il vous dicte, il faut vous y soumetliv^, Madame; et , i^ur sauver notre honneur combathi , H faut immoler tout, et même la vertu. On vient ; je vois Thésée.
Ah ! je vois Hippoly te ; Dans ses yeux insolents je vois ma perte écrite. Fais ce que tu voudras , je m'abandonne à toi : Dans le trouble où je suis je ne puis rien pour moi.