ACTE 111, SCENt m
Et que reproche aux Juifs sa haine envenimée ? Quelle guerre intestine avons-nous allumée? Les a-t-on vus marcher parmi vos ennemis? Fut-il jamais au joug esclaves plus soumis ? Adorant dans leurs fers le Dieu qui les châtie , Pendant que votre main sur eux appesantie A leurs persécuteurs les Kvrait sans secours , Us coi^uraîent ce îMeu de veiller sur vos jours , De rompre des méchants les transes criminelles , De mettre votre trône à Tombre de ses ailes. N'en doutez point , sdgneur, il fut votre soutien : Lui seul mit à vos pieds le Parthe et Tlndien , Dissipa devant vous les innombrables Scythes , Et renferma les mers dans vos vastes limites ; Lui seul aux yeux d'un Juif découvrit le dessein De deux traîtres tout prêts à vous percer le sein. Hélas I ce Juif jadis m*adôpta pour sa fille.
ASSUéRUS.
Mardochée?
ESTHEB.
11 restait seul de notre famille.
Mon père était son frère. Il descend coname moi Du sang infortuné de notre premier roi. Plein d'une juste horreur pour un Amalécite , Race que notre Dieu de sa bouche a maudite , 1 1 n'a devant Aman pu fléchir les genoux , Ni lui rendre un honneur qu'il ne croit dû qu'à voiis. De là contre les Juifs et contre Mardochée Cette haine, seigneur, sous d'autres noms cachée En vain de vos bienfaits Mardochée est paré : A la porte d'Aman est déjà préparé D'un ini^Lme trépas l'instrument exécrable ; Dans une heure au plus tard ce vieillard vénérable Des portes du palais par son ordre arraché , Couvert de votre pourpre , y doit être attaché.
ASSUÉIIUS.
Quel jour mêlé d'horreur vient effrayer mon âme! Tout mon sang de colère et de honte s'enflamme. J'étais dont le jouet... Ciel , daigne m'éclairer ! Un moment sans témoins cherchons à respirer. Appelez Mardochée , il faut aussi l'entendre.
( Assuérus jj'cloi jnc. ) •
ft04 KSTIIER.
UNE ISRAfUTE.
Vérité que j'unplore , achève de descendre .*