‹ Théâtre complet de J. RacineChapitre 628 sur 716 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

JOAD, JOSABET.

JOAD

Les temps sout accomplis, princesse : il faut parler; Et votre heureux larcin ne se peut plus celer. Des ennemis de Dieu la coupable insolence, Abusant contre lui de ce profond silence , Accuse trop longtemps ses promesses d'erreur : Que dis-je ? le succès animant leur fureur, Jusque sur notre autel votre injuste marâtre Veut offrir à Baal un encens idolâtre.

Montrons ce jeune roi que tos mains ont sauvé , Sous Taile du Seigneur dans le temple élevé. De nos princes hébreux il aura le courage , Et déjà sonj^grita^esaficésgiiâ^ Avant que son destin s'explique par ma voix , Je vais l'offrir au Dieu par qui r^ent les rois : Aussitôt assemblant nos lévites , nos prêtres , Je leur déclarerai l'héritier de leurs maîtres.

JOSABET.

Sait-il déjà son nom et son noble destin?

JOAD

II ne répond encor qu'au nom d'ÉIiacin ,

Et se croit quelque enfant rejeté par sa mère ,

A qui j'ai par pitié daigné servir de père.

JOSABET.

Hélas ! de quel péril je l'avais su tirer ! Dans quel péril encore il est près de rentrer !

JOAD

Quoi ! déjà votre foi s'affaiblit et s'étonne.^

JOSABET.

A vos sages conseils , seigneur, je m'abandonui;. Du jour que j'arrachai cet enfant à la mort , Je remis en vos mains tout le soin de son sort; Mémo , (le mon amour craignant la violence.

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